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30 mars 2008

Interview de Dominique Schmauch dans l'Echo de la Timbrologie

Après Pierre Jullien dans Timbres Magazine, c'est Dominique Schmauch qui se prête au jeu de l'interview dans l'Echo de la Timbrologie. Rappelons que l'Echo n'est plus disponible en kiosque, mais sur abonnement, sous forme électronique et dans les espaces Yvert et Tellier.

Dominique Schmauch est l'un des animateurs des Etats Généraux de la Philatélie. En fait, sa société participe à l'organisation des EGP ; il est "spécialisé dans le leadership et le management de la transition".

On lira avec intérêt les commentaires d'Olivier sur son blog Les News du Pho. Je partage largement son avis sur les cabinets d'audit... La principale "qualité" de ces cabinets est d'aller dans le sens de leur commanditaire, ici c'est La Poste.

Cette interview contient... beaucoup de vide.

Trop de timbres, du sujets sans intérêts ? "Il y a toujours eu un certain nombres de critiques sur le type d'émissions et le choix des timbres". Bref, les philatélistes sont des râleurs, ils ont toujours râlés : on peut donc continuer d'ignorer leurs griefs.

"Les EGP sont l'occasion de mettre à la discussion des résultats d'enquêtes faites auprès de centaines de personnes (...) la vision (...) est plus contrastée que lorsqu'on ne prend en compte que quelques courriers ou quelques auditions". Bref, les sondages, c'est bien et c'est un outil fiable. Continuons donc d'ignorer les philatélistes.

Il émet une idée intéressante à première vue : "les enfants n'apprennent plus seulement des parents, qu'ils ne prennent plus comme exemple (...) mais ce que font leurs copains ou des gens un peu plus âgés". En y réfléchissant un peu, ça c'est toujours passé comme ça non ?

On en revient également au fait qu'il est très important que les enfants collectionnent les timbres. C'est sans doute vrai, mais éphémère dans la plupart des cas. Il vaudrait mieux se poser la question de comment intéresser les adultes et en particulier les jeunes retraités : en plus, économiquement la cible est plus intéressante ! Et ensuite, comment faire découvrir d'autres façons de collectionner aux amateurs de nouveautés.

La Poste devrait également se poser la question : est-ce en s'aliénant ses clients (ses abonnés) qu'elle parviendra à développer la philatélie ?

J'ai également relevé 2 passages sur la numismatique : "nous avons interviewé le patron de la monnaie qui rencontre des questions un peu similaires puisqu'il a aussi affaire à des collectionneurs, que la monnaie change, etc." et "internet est encore peu utilisé dans le domaine du timbre, alors qu'il l'est dans le domaine de la monnaie et des médailles".

Je suppose qu'il s'agissait du patron de la Monnaie de Paris : la politique d'émission de la Monnaie de Paris est l'exemple à ne pas suivre par Phil@poste. Globalement, l'offre se décompose en deux :
1) Les pièces courantes : un boitier BU tous les ans (brillant universel) regroupent sous un packaging protecteur les pièces émises chaque année. Leur intérêt est double : fournir des pièces en qualité parfaite (Fleur de coin) et ces boitiers ont souvent l'exclusivité de certaines pièces (voire toutes !) pour le millésime en question. Il faut savoir que les conditions de fabrication et de distribution font qu'il est quasiment impossible de trouver les pièces dans un état parfait, cette distribution répond donc à un besoin des numismates, qu'ils payent dix fois la faciale : cette année, 31 euros pour 3,88 euros. C'est la seule offre achetés par la plupart des collectionneurs.
2) Les pièces commémoratives : il y a d'abord une version de luxe du boitier des pièces de l'année, avec une méthode de fabrication spéciale, c'est le boitier "belle épreuve". Les pièces sont fabriquées sur des flans polis, et la frappe est au contraire matte ("sablée"), les inscriptions se dégagent donc parfaitement. Il y a ensuite des sujets variés, dont une bonne partie avec des sujets tournés vers l'exportation. Les prix des ces pièces sont très supérieurs à leur faciale, elles ne circulent donc jamais. Leur tirages vont de quelques dizaines à quelques dizaines de milliers d'exemplaires, pour des faciales de 0,25 euro à quelques dizaines d'euros et des prix d'une trentaine d'euro à des milliers d'euros. Ce ne sont des pièces de monnaie que par leur faciale, il s'agit d'avantage de médailles !

Si on appliquait ce même principe aux timbres, on aurait uniquement dans les bureaux de poste des Marianne avec des dents manquantes, une série spéciale de Marianne chaque année en parfait état, et des timbres inutilisables sur le courrier parce que vendu systématiquement avec des surtaxes de dizaines (voire milliers) d'euros !

Le résultat est là d'ailleurs : personne ou presque ne collectionne les monnaies commémoratives, comme personne ou presque ne collectionnait systématiquement les non-dentelés ou les épreuves de luxe.

La numismatique est-elle plus présente sur le Web que la philatélie ? Ce n'est pas mon impression, et pourtant je m'intéresse aussi à la numismatique à travers la Semeuse. Par exemple, je n'ai pas trouvé de forum francophone public et actif sur la numismatique, alors qu'il en existe au moins 3 sur la philatélie : le newsgroup fr.rec.philatelie, celui du site Delcampe, et celui de Philatelistes.net.

"Une des évolutions considérables du monde aujourd'hui est le principe de la mise en réseau". Bref, Dominique Schmauch évoque comme solution le Web 2.00 et les réseaux sociaux. Ce sont les mots à la mode du moment... En résumé, il s'agit des sites où les particuliers produisent du contenu, et où les visiteurs peuvent interagir. Comme un blog par exemple ;-)

Les États Généraux de la Philatélie ont lieu ce mercredi 2 avril. Il n'est pas très clair de savoir s'il s'agit d'une première étape ou d'une fin en soi. S'agit-il de poser les problèmes ou d'annoncer les mesures ?

Le forum des EGP doit fermer le 2 avril également. Le site des EGP est une grosse déception, même si j'en attendais peu.

Il est quasiment vide, aucun des sondages, des études, ... n'a été publié.

Le forum souffre d'une modération désinvolte : nombreux messages refusés sans explication, messages acceptés avec de grands retards (dans la journée serait un minimum, une fois par jour tolérable, une fois toutes les quelques jours (voire semaines...) c'est un manque de professionnalisme. Bref, un contre-exemple de l'internet au profit de la philatélie, un endroit où la mise en réseau des philatélistes ne s'est pas produit.

Pour terminer sur une note optimiste, il faut souligner que la philatélie a toujours été en mutation, et c'est très bien comme ça.

La façon actuelle (majoritaire) de pratiquer la collection de timbres, c'est d'acheter les nouveautés de France, de les ranger dans des feuilles d'albums pré-imprimées, de compléter avec les émissions hors abonnement (via les clubs, le SPP ou les négociants), et de compléter par des émissions anciennes.

Trop de timbres ? Les collections se sont de plus en plus spécialisées. C'est la voie naturelle que va continuer de prendre la philatélie. Comme pour l'évolution, les espèces meurent, naissent et évoluent, par exemple :
- Le collectionneur mondialiste (avec l'objectif de tout avoir ou presque) a disparu.
- Le collectionneur d'empreintes de machine à affranchir est apparu (donc même si le timbre tel qu'on le connait disparait, la philatélie continue).
- Le collectionneur mondialiste existe encore, mais avec un angle pour sélectionner les émissions : thématique souvent, parfois technique : carnets, timbres de distributeurs, timbres autocollants, timbres personnalisés, etc..

L'Art du Timbre Gravé propose une solution finalement très similaire à celle de la pratique majoritaire actuelle de la philatélie : uniquement les timbres en taille-douce, avec une ouverture sur toute la production européenne, et les albums qui vont avec ; mais sans les inconvénients de la production de La Poste :
- en nombre d'émissions ;
- en choix des émissions (les sujets "modernes" sont rarement traités en gravure) ;
- en variété des présentations (essentiellement des timbres dentelés en feuille).
Le changement dans la continuité donc.

16 novembre 2007

Visages de Marianne : suite

Suite à mon billet sur le souvenir "les visages de Marianne" un lecteur m'a adressé ces photocopies, il y a quelques temps déjà (si ce lecteur pouvait me recontacter...)

Couverture du catalogue du 1er trimestre 2003 :
"Exceptionnel/Les Visages de Marianne/
Un cadeau exceptionnel/à partir de 60 euros d'achat !/
Les 13 poinçons/des Marianne réunis/
sur une même gravure"
Le détail en page 7, on apprend que
le document est en taille-douce 309 (TD6-9 ?)
et qu'un poinçon spécial a été gravé
pour la Marianne d'Alger.

L'épreuve du poinçon gravé par Larrivière.
Je ne pense pas l'avoir déjà montré ici.
Détail de l'épreuve, résultat bien meilleur
que sur la gravure :ici c'est de l'impression
à plat du poinçon original, alors que
sur le souvenir c'est l'impression
en rotatif d'un cylindre gravé en
taille-douce électromécanique.

28 octobre 2007

Timbre Sully Prudhomme par Yves Beaujard

Timbre émis (source boutique Web)
Photo ayant certainement servi de modèle (source)
Maquette chiffrée à 0,53 euro
Dessin : portrait de Sully Prudhomme
Dessin complet et plus classique

Un lecteur m'envoie (il y a quelques temps déjà...) des scans issus de documents (non originaux) de la collection du graveur Yves Beaujard. Ces documents sont magnifiques (et vous pouvez avoir des versions avec une bonne définition en cliquant sur les images, comme souvent).

Le portrait sur le timbre émis est à mi-chemin entre le premier et le deuxième dessin présenté : les ombres du visage en particulier. Yves Beaujard fait des dessins remarquablement précis, qui correspondent directement à ce qui sera gravé.

15 août 2007

Timbre Adrienne Bolland

Lettre recommandée affranchie de 2 timbres
"poste aérienne" à 2,00 euros Adrienne Bolland,
tous deux bord de feuille.

La Poste émet depuis le 4,00 Jacqueline Auriol de 2003 les timbres de Poste Aérienne à la fois en feuilles de 40 mais aussi en mini-feuille de 10 (avec bords de feuilles illustrés). Cette seconde présentation est destinée aux philatélistes, sans doute peu nombreux à faire la dépense de 20 à 50 euros selon le timbre...

Sur cette lettre, le timbre avec bord de feuille vierge est donc issu de feuille de 40 (et imprimé sur la Cellini - TD215 en mixte offset/taille-douce, à priori la première impression mixte sur cette presse principalement utilisée pour la Marianne de Lamouche), alors que le timbre de droite est un coin de feuille d'un feuillet de 10 (imprimé sur la PDT4 ?).

La question qui se pose naturellement est donc : peut-on différencier les timbres à l'unité ?

J'ai cherché - mais pas trouvé - de différences dans l'impression taille-douce (en bleu, avion et inscriptions), et dans l'impression offset. Je n'ai rien trouvé de particulièrement significatif comme une orientation de la trame différente, juste un positionnement légèrement différent de cette trame. Cette observation est à confirmer sur des feuilles et feuillets complets.
Coin supérieur droit, timbre de feuille :
la première ligne diagonale (en haut à droite)
comporte 3 points, la deuxième ligne en comporte 6.
Sur le timbre du feuillet, la première ligne
comporte 2 points, la deuxième 5 points.

Mise à jour :
JMC me précise : la lettre est au tarif de 4.86 correspondant au R3 jusqu'à 50grs sans avis de réception. Les blocs-feuillets de 10 timbres de la poste aérienne ont commencé en 1997 avec le 20,00 Biplan Breguet XIV, les 4 premières émissions furent avec une dentelure différente.

29 juillet 2007

Les visages de Marianne

Souvenir sans pouvoir d'affranchissement
offert aux clients de La Poste ayant commandé
un certain montant dans un catalogue trimestriel du SPP.
Il se présente sous la forme d'un double format A4,
le premier (percé pour laisser voir une Marianne)
venant se replier sur cette page.

Ce feuillet, malgré son statut de souvenir, est très intéressant car il montre plusieurs Marianne inédites. Il a été imprimé en taille-douce, selon une méthode de confection numérique (sans doute électromécanique sur la HELL).

Ainsi, on voit des timbres imprimés en taille-douce alors que le timbre émis a été imprimé en typographie, et quelques non-émis.

Il est possible que ce document ait servi d'essai pour la réalisation des Documents Philatéliques Officiels en taille-douce électromécanique.

A noter que les dates d'émission présentées sont peu cohérentes entre elles : parfois celle du timbre émis, parfois celle du premier timbre de la série, parfois une date fantaisiste... La Marianne de Fernez (que les philatélistes appellent plus souvent la Marianne d'Alger) a été imprimée en lithographie à plat, et "gravée" (en fait dessinée sur la pierre lithographique) par Charles Hervé.

Cette vignette a fait l'objet d'un poinçon par Jacky Larivière, ce serait le seul poinçon réalisé pour ce document.

Des timbres de cette série sont connus en Corse dès mars 1944, ce qui est significativement plus tôt que la date indiquée par La Poste (les dates données sont extraites du catalogue Marianne).
La Marianne de Gandon existe sous 3 formes : petit format typographié (gravé par Henri Cortot), et petit et grand format en taille-douce gravés par Gandon. Le texte attribue la gravure à Cortot alors que le timbre est celui de Gandon. La Marianne de Dulac n'a pas été gravée par Dulac, mais par Vincent Phillips. S'agissant d'un timbre imprimé à Londres par Delarue, le Musée de La Poste ne possède pas son poinçon (en tout cas, dans le livre "Les poinçons de l'histoire", qui a utilisé les poinçons conservé au Musée dans sa confection, ne montre que des reproductions et non des vignettes en taille-douce).

Il est donc vraisemblable que cette vignette ait été réalisée à partir de la numérisation d'un timbre émis !
Version taille-douce inédite d'un timbre émis uniquement en typographie. Cette vignette a vraisemblablement été réalisée en GAO à partir d'un timbre émis, la GAO se chargeant de remplacer l'à-plat du fond par des lignes entrecroisées.
Version taille-douce monochrome d'un timbre uniquement émis en typographie en 2 couleurs. Le choix de la version lignée (à 25F) a permis d'éviter trop de tramage en GAO. La source de cette gravure est sans doute un timbre émis, le repérage entre les 2 couleurs n'était d'ailleurs pas parfait (voir le haut de la voile qui rogne sur la légende).
Magnifique et peu couteuse occasion de mettre en collection une des 2 versions en taille-douce de la Marianne de Decaris gravée en taille-douce par son auteur. Il s'agit vraisemblablement du premier poinçon : son format correspond au format des petits formats taille-douce mais sans les marges, il est trop grand !

La Marianne de Cocteau a été imprimée en 2 couleurs : rouge pour la Marianne et la faciale (taille-douce indirecte) et bleu pour les inscriptions, le cadre et le fond (taille-douce indirecte). Comme le document est en taille-douce monochrome, c'est donc encore une version inédite de cette Marianne. Le repérage des couleurs est très bon, je penche pour la numérisation de 2 épreuves regroupées sur informatique. Le timbre a la virgule inversée du "type 2" prêt de la faciale.Marianne de Cheffer, normalement imprimée suivant la méthode mécanique (par molette) de confection des cylindres.


Sabine, dans une version en taille-douce électromécanique inédite.
Liberté, encore une version en taille-douce électromécanique inédite.

À noter la mention (comme sur le timbre) "d'après" Delacroix : Gandon a en effet corrigé le nef de la Liberté.
Version non-émise de la Marianne de Briat en taille-douce ! Pour des problèmes technique, le poinçon original de Forget respectant la maquette initiale de Louis Briat a été éliminé : l'essuyage posait problème à cause des lignes verticales qui étaient dans le sens de ce essuyage.

Cependant, après comparaisons, j'ai conclu que c'est l'image utilisée pour les PAP qui a été modifiée (ajout de la faciale), et non le poinçon de Forget (d'ailleurs, il n'y a pas la signature de Forget mais juste celle de Briat).

Le seul non-inédit du lot, c'est la Marianne de Luquet "La Poste" dans sa version au type II ayant servi sur les cylindres confectionnés par la HELL.

Avis de recherche : je cherche un scan (ou le catalogue du SPP) où est indiqué que ce document est offert (ou bien la date du catalogue et le montant minimum de commande requis).

C'est un document qui me plaît beaucoup, d'autant plus qu'il montre la dernière Marianne à la Nef imprimée par La Poste, en attendant peut-être un jour un "timbre sur timbre" : elle fête son 50è anniversaire dans 2 ans, et pourrait faire l'objet d'un carnet mixte autocollant ; celui prévu pour le salon d'automne en fin d'année de la Marianne de Cheffer.

Mise à jour : JP, TS et DM ont répondu à mon appel. Ce document a bien été un cadeau offert pour les commandes de plus de 60 euros dans le catalogue papier du service philatélique (du 1er trimestre 2003) : ce cadeau est signalé sur l'enveloppe du catalogue, sur sa couverture et en page 7. Merci pour ces précisions !

24 juillet 2007

Tramage en taille-douce

Epreuve d'atelier avec timbre à sec officiel
"Imprimerie des timbres-poste/contrôle".
Signature au crayon du graveur René Cottet.
Timbre de 1963 "campagne mondiale contre la faim"
Détail de la gravure.

Une des chose qui fait aimer le timbre en taille-douce aux philatélistes, c'est qu'à l'agrandissement, la gravure montre des détails alors que les procédés photographiques perdent en détail.

Ce timbre possède une particularité peut-être unique dans les timbres en taille-douce français : un très long dégradé (sur les 2/3 de la largeur du timbre). Alors qu'habituellement les dégradés sont rendus par des croisements de lignes plus ou moins serrées, par des traits interrompus quand le dessin devient plus clair, ce n'est pas cette solution qui a été adoptée par l'artiste.

Il a utilisé des courbes courtes, épaisses et serrées sur la partie droite foncée ; plus courtes, fines et espacées au milieu, pour finir par des points à gauche. Je n'ai repéré que ce timbre utilisant ce traitement.

Curieusement (peut-être la maquette est ainsi ?), le dégradé n'est pas parfait mais forme des cercles de lumière : c'est l'aspect des dégradés quand on réduit trop le nombre de couleurs d'une image dans un logiciel de traitement d'image.

10 avril 2007

Repère carré en bord de feuille

Carte postale affranchie d'une Marianne de Luquet
"Fonds mondiale de lutte contre le Sida,
la tuberculose et le paludisme".
Détail : timbre avec carré rouge sur le bord de feuille

Les repères "carrés de couleur" existent depuis quelques temps sur les timbres en taille-douce de France.

Par contre, il n'apparaissent pas sur les timbres Marianne monochromes, à 2 exceptions prêts :
- la Marianne de Luquet "SIDA" ici présentée ;
- la Marianne de Lamouche "Solidarité Asie".

Dans les 2 cas, il s'agit de Marianne monochromes au format commémoratif avec une vignette. Les feuilles de ces timbres étant datées, on ne peut écarter le fait que dans l'esprit de La Poste il s'agisse toujours de timbres d'usage courant, un retirage éventuel n'ayant pas été exclus.

Un autre point commun à ces 2 timbres, c'est l'utilisation de la GAO pour les vignettes : elles ne sont pas dues (même indirectement) à la main d'un graveur, mais ont été créées par informatique. Il faut dire que la complexité du dessin (il s'agit plus d'une mise en page) rendait cette solution technique logique.

Une indication sur la vignette SIDA : elle est signée Lavergne à gauche. La tradition veut en effet que le dessinateur signe à gauche et que le graveur signe à droite. Quand il s'agit d'une même personne, elle signe à droite. On en déduit donc que la vignette a été dessinée par Lavergne, mais pas gravé par lui (ni par quelqu'un d'autre).

Normalement, il devrait y avoir une signature GAO à droite. Ce n'est pourtant pas le cas.

Aucun timbre mobile ni entier postal n'a jamais été fait en GAO, c'est du moins le discours officiel. Les seuls signatures GAO sont sur des souvenirs (gravure, document du Musée Postal, carte souvenir).

L'utilisation d'une gravure en GAO sur un "beau" timbre mobile, depuis longtemps possible techniquement, serait un signe malencontreux envers les amoureux de la taille-douce et de l'Art du Timbre Gravé en particulier.

08 avril 2007

Papier des timbres commémoratifs en taille-douce

Depuis le milieu des années 1980, on a assisté à la généralisation pour les timbres commémoratifs en taille-douce de l'utilisation de papiers "couchés" : la surface lisse et traitée de ces papiers permet aux tailles de s'imprimer nettement, sans la diffusion par capillarité de l'encre sur les bords des tailles.

Vous pouvez cliquer - comme toujours - sur timbres présentés : vous obtiendrais ainsi une version agrandie permettant de voir toute la finesse de la gravure en taille-douce.

Timbre de Jacque Rueff, un des promoteurs
du nouveau franc : la reproduction d'une pièce de
1 franc est malheureusement du mauvais côté
(sans la Semeuse !).
Ce timbre utilise un papier standard, c'est un des
derniers timbres à le faire.
Ce 2,20 "Statue de la Liberté" de 1986
est le premier (et seul ?) commémoratif
à utiliser un papier couché de très bonne qualité :
ce papier a été testé sur le 2,20 Liberté de Gandon
au type II : il s'agit d'un papier couché polyvalent
de Harisson & Sons.
Ce timbre "Coutellerie d'Art - Thiers" est l'un
des premiers à utiliser un papier couché.
La gravure du Patrick Lubin
- dans un style gravure sur bois - est remarquable.

La plus belle des Marianne de Luquet : gravure
en taille-douce traditionnelle (par report mécanique)
sur du papier couché.
Détail des timbres montrant le phénomène
de capillarité sur le premier détail.

Il existe vraisemblablement un certain nombre de papiers différents utilisés, personne n'a fait d'étude sur le sujet : on ne connaît pas de timbres commémoratif imprimés sur 2 papiers différents (c'est peut-être parce que personne n'a cherché !). L'imprimerie ne communique pas ces informations (elle communique peu en fait sur les questions techniques).

À titre personnel, j'apprécie de voir toute la finesse des tailles à la loupe, l'utilisation de ces papiers couchés me semble donc être un progrès : un bémol, l'aspect parfois "clinique" du résultat.

Je constate que tous les timbres en taille-douce n'utilisent pas ces papiers. Il est possible que l'utilisation d'un papier normal soit voulue pour des raisons artistiques : il existe une technique en taille-douce, la pointe sèche, où les bardes autour des traits sont recherchés pour le velouté obtenu à l'impression.

Art du Timbre Gravé