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16 juillet 2008

0,80 Marianne de Bequet sans PHO accidentel

0,80 Marianne de Bequet rouge sur lettre,
le timbre est sans barres phosphorescentes.
Ex-collection Jean Renard.
Détail : timbre de carnet avec
bord daté du 13/5/75
presse TD6-7. On remarquera
les bords haut/bas massicotés.

Le 0,80 Marianne de Béquet rouge existe sans barres phosphorescentes en feuille, avec gomme tropicale (destiné aux DOM) ou gomme brillante (sans BP par erreur, le tirage a été poursuivi ainsi pour éviter des gaspillages et la spéculation). Ce sont des états officiels, donc à proprement parler il ne s'agit pas de variétés.

Le 0,80 sans BP accidentel existe aussi, mais il doit soit tenir à normal, soit être issu d'une présentation en carnet (10 ou 20).

Sur lettre, l'état accidentel n'est donc pas évident à trouver, même si on a parfois quelques indices (nuances, un ou 2 côtés massicotés).

Le timbre sur cette lettre a un bord de feuille daté qui prouve l'origine carnet.

La date du 13/5/75 est répertoriée sur des carnets de 10 (seul 6 des timbres sont sans BP) ; il existe un autre carnet entièrement sans BP (daté du 6/9/74).

Source : la Marianne de Béquet témoin de son temps / Jean Renard.
A revoir : Les barres phosphorescentes et leurs variétés.

15 mai 2008

Booklet pane : panneau de carnet de timbre

Sur lettre, isolé et bande de 5 avec bords de feuille
gauche et droit de carnet.

Le terme anglais "booklet pane", soit panneau de carnet, désigne une page issue d'un carnet de timbre.

C'est une collection qui n'a pas vraiment de sens dans la philatélie française : les carnets avec des pages différentes sont plutôt l'exception (une poignée de carnets composites Marianne, et le carnet sous faciale à 20,00 du 2,30 Briat avec guillochis), et la plupart des carnets peuvent être présentés ouverts sans détérioration, à l'exception notable des carnets Marianne de la confectionneuse 9 (carnets collés sur les 2 côtés et non pas pliés). Ce qui a retenu l'attention des carnets composites, ce sont les se-tenants, donc juste la paire et non pas la bande complète.

Ailleurs dans le monde, les carnets sont parfois composites, ou avec des vignettes format timbre, afin de faire un total "rond", et comportent plusieurs pages différentes. Cette page montre des exemples de panneaux de carnets américains.

Cette lettre est malheureusement d'origine philatélique. Mais il s'agit plus d'un courrier d'un philatéliste soucieux de réaliser un bel affranchissement pour un envoi de timbres, c'est donc un peu plus "nature" qu'une lettre faite pour elle-même.

J'aime beaucoup ces panneaux de carnet sur lettre, mon plus bel exemple est une bande de 4 du Coq de Decaris, les autres sont bien aussi (bloc de 10 de carnet de 20 en 0,50 Marianne de Bequet ou Liberté de Gandon, carnet du Semeuse journée du timbre 1996 sur ordre de réexpédition). Mon rêve : un carnet ouvert du 2,30 Marianne de Briat sur document nature !

Mise à jour : les commentaires de LB m'ont amené à faire un nouveau billet avec cette lettre !

21 décembre 2007

Sabine TD3 sur lettre

Lettre (philatélique) :
affranchissement composé de Sabine
dont un bord de feuille inférieur sur le 0,30 Sabine.

Le bord de feuille inférieur prouve l'origine TD3 de ce timbre. En effet, si sur TD6 ou RGR les timbres sont imprimés debout, il sont imprimés couchés sur TD3. En conséquence, les bords de feuilles inférieurs (sens du timbre) sont dentelés verticalement dans le premier cas, et non dentelé dans le second cas. Si le bord de feuille avec guillochis de TD3 est plus spectaculaire, le bord de feuille non dentelé prouve tout aussi bien la provenance de TD3.

17 décembre 2007

RGR1 : monobloc et bi-bloc sur lettre

Cette lettre (philatélique...) comporte à la fois :
- un 0,20 Liberté coin de feuille avec un repère électronique (RE) en position haute gauche. Les RE sur la première ligne ne se trouvent que sur les feuilles monobloc de RGR1.
- une paire inter-panneau du 0,10 Liberté, issue de feuille bi-bloc de RGR1.

Le changement de configuration de la RGR1 a eu lieu pendant l'été 1985.

23 novembre 2007

Ordres de réexpedition Semeuse

Ordre de réexpédition définitif (papier vert)
affranchi avec 32 Semeuse surtaxées,
et un 0,20 et 1,00 Marianne de Briat :
valeur de vente des timbres 110 francs
(la valeur faciale n'est que de 90,8)
Ordre de réexpédition temporaire (papier jaune)
affranchi avec un carnet complet Semeuse et divers
timbres dont un 0,10 Briat avec marge guillochée.
Valeur de vente des timbres : 110 francs,
valeur faciale de 99,80.

Les ordres de réexpéditions ont longtemps été un moyen pour les postiers de débarrasser leur caisse des timbres retirés ou se vendant mal (d'où des affranchissements spectaculaires et pourtant non philatéliques). On connait bien les ordres de réexpédition petit format, on trouve moins souvent leurs successeurs, d'un grand format qui permet de placer plus de timbres ! Ces documents sont normalement détruits, ils arrivent sur le marché le plus souvent au bout de quelques années (retraite de postiers ?).

Le problème de place se pose cependant toujours, d'où ces affranchissements qui se chevauchent. Sur le premier ordre, les timbres ne sont que partiellement collés, on peut voir la totalité des timbres en courbant le papier vert.

Le tarif était toujours à l'époque de 110 francs apparemment, c'est le tarif au 5/7/1993 (ces documents sont du 16/7/1996 et du 13/11/1996).

A noter que sans le vouloir, La Poste se montre généreuse envers la Croix Rouge, comme c'est le prix de vente des timbres (faciale comprise) qui a été compté et non la valeur faciale !

Mise à jour :
LB m'envoie quelques précisions sur ces ordres non cartonnés et leurs tarifs :
- les tarifs sont repris dans l'ouvrage de Derek Richardson avec quelques "blancs" concernant la carte d'abonnement à partir des années 1990 et un oubli du tarif du 7/6/1999 ;
- c'est ce dernier qui a succédé à celui du 5/7/1993 et qui a inauguré une décomposition plus importante (110 F de 15 jours à 1 mois, 120 F de 1 à 6 mois puis 20 F de plus par mois supplémentaire ou 140 F en définitif et 220 F en abonnement) ;
- le tarif de 1999 a été inchangé jusqu'en 2005 inclus, sauf conversion en euros au centime près ;
- les archives de plus d'un an devant être éliminées, il n'est pas étonnant d'en voir arriver sur le marché rapidement (une petite archive d'un bureau de la région parisienne était ainsi sortie à Marigny moins de 3 ans après la fin des contrats de réexpédition !).

13 novembre 2007

Bord de feuille daté d'une Marianne de l'écocarnet

Lettre à priori "nature" du 5/6/2007
Bord de feuille daté du 20/11/06, premier éco-carnet.
La marge tient par des picots caractéristiques
(gauche, haut et bas)
de certains timbres de ces carnets.

15 août 2007

Timbre Adrienne Bolland

Lettre recommandée affranchie de 2 timbres
"poste aérienne" à 2,00 euros Adrienne Bolland,
tous deux bord de feuille.

La Poste émet depuis le 4,00 Jacqueline Auriol de 2003 les timbres de Poste Aérienne à la fois en feuilles de 40 mais aussi en mini-feuille de 10 (avec bords de feuilles illustrés). Cette seconde présentation est destinée aux philatélistes, sans doute peu nombreux à faire la dépense de 20 à 50 euros selon le timbre...

Sur cette lettre, le timbre avec bord de feuille vierge est donc issu de feuille de 40 (et imprimé sur la Cellini - TD215 en mixte offset/taille-douce, à priori la première impression mixte sur cette presse principalement utilisée pour la Marianne de Lamouche), alors que le timbre de droite est un coin de feuille d'un feuillet de 10 (imprimé sur la PDT4 ?).

La question qui se pose naturellement est donc : peut-on différencier les timbres à l'unité ?

J'ai cherché - mais pas trouvé - de différences dans l'impression taille-douce (en bleu, avion et inscriptions), et dans l'impression offset. Je n'ai rien trouvé de particulièrement significatif comme une orientation de la trame différente, juste un positionnement légèrement différent de cette trame. Cette observation est à confirmer sur des feuilles et feuillets complets.
Coin supérieur droit, timbre de feuille :
la première ligne diagonale (en haut à droite)
comporte 3 points, la deuxième ligne en comporte 6.
Sur le timbre du feuillet, la première ligne
comporte 2 points, la deuxième 5 points.

Mise à jour :
JMC me précise : la lettre est au tarif de 4.86 correspondant au R3 jusqu'à 50grs sans avis de réception. Les blocs-feuillets de 10 timbres de la poste aérienne ont commencé en 1997 avec le 20,00 Biplan Breguet XIV, les 4 premières émissions furent avec une dentelure différente.

04 juillet 2007

Piquage à cheval de carnet : Marianne de Cheffer

Bande horizontale de 5, bords de feuille droit et gauche,
dentelure horizontale arrachée et non massicotée :
timbres Marianne de Cheffer piquage à cheval.

Il y a toujours un soupçon au sujet des variétés : s'agit-il de sortie de l'imprimerie, ou des vraies variétés vendues malgré tout dans un bureau de poste ?

Contrairement à certaines opinions, la plupart des variétés sont bien des variétés vendues normalement dans un bureau de poste (même si certaines sont repérées en amont par des philatélistes postiers). Je n'ai jamais trouvé de "grosse" variété - mais pas mal de petites - même quand je "chassais" dans les bureaux de poste (mais c'est normal, il est rare d'en trouver, c'est pourquoi c'est généralement si cher !). Je connais des philatélistes qui ont eu de la chance. Pour certains, c'est d'ailleurs plus de la persévérance, de l'organisation, et de bons contacts auprès de postiers : la chasse est rendue plus difficile depuis la réorganisation de la distribution des timbres, qui passe par un service spécialisé alors qu'auparavant les timbres étaient centralisés dans la recette principale de chaque département qui se chargeait de distribuer les timbres aux bureaux du département.

Mais il existe bien des sorties frauduleuses de l'imprimerie... C'est en particulier le cas de fragments de feuille de carnets non confectionnés, de mémoire, pour les modernes en nouveaux francs :
- le 0,25 Marianne de Decaris (feuilles pour carnets de 8, présentée en bandes verticales de 4 avec bords de feuille haut et bas).
- le 0,40 Marianne de Cheffer, comme présenté ici (les dents arrachées au lieu de massicotées permettent de le dire, même si 3 rangées sont une pièce plus parlante), mais également des bandes avec barres phosphorescentes (il n'y a pas eu de carnets avec BP émis).
- le 0,80 Marianne de Bequet.
- le 2,20 Liberté, bandes du carnet composite (le must !).

01 mai 2007

Mise à jour du site du Cercle des Amis de Marianne

Au programme ce mois ci :
- la pièce du mois : Bas de feuille non-dentelé du 0,10 Marianne de Briat.
- un article (dont je suis l'auteur) extrait du dernier bulletin : Timbres et/ou types : les Marianne Phil@poste.Après avoir lu cet article, vous saurez pourquoi cette lettre :
- demeurera peu courante ;
- est nécessairement philatélique ;
- comporte toujours un complément d'affranchissement à 1 centime ;
- n'a pas la vignette attenante habituelle (pour une fois, c'est plus drôle sans bord de feuille !).
Bon, d'accord, l'article est long ! Je donne la réponse : il s'agit du timbre issu du souvenir philatélique, dont le timbre est sans vignette (mais au centre d'un bloc) et avec mention Phil@poste au lieu de ITVF.

J'ai enlevé le bord de feuille, ça tient mieux sur une lettre, et ça me fait penser en souriant à l'extrait ci-dessus de Phil'info n°113 :

"le timbre fait partie intégrante d'un feuillet gommé et peut avoir pouvoir d'affranchissement s'il est détaché du feuillet".
C'est un nouveau concept : le feuillet n'aurait pas pouvoir d'affranchissement, seul le timbre une fois extrait pourrait affranchir une lettre ! Bon, il faut avouer que ce n'est pas pratique d'utiliser un feuillet complet (c'est pas facile à coller ! et ça prend de la place, il faut une grande enveloppe).

En fait, le rédacteur voulait sans doute dire (mais je suis mauvaise langue) :
Mais bon sang mais c'est bien sûr, on a émis des timbres ! On les vend 3 euros pour moins d'un cinquième de valeur faciale, mais ce sont des timbres ! Ils pourraient même servir à l'affranchissement, enfin en théorie. Si quelqu'un - un philatéliste, c'est souvent bizarre - avait l'idée saugrenue de les détacher du bloc, on ne les différencierait pas des timbres émis au prix normal. Parce que bon, sous forme feuillet c'est inutilisable ou presque. C'est fait pour, ça permet de faire un bénéfice encore meilleur si La Poste n'a pas à assurer de service postal. D'ailleurs, si on appelle ça des souvenirs philatéliques, c'est bien pour que les acheteurs sachent que ça ne sert pas à affranchir, juste à collectionner.

Au fait, on autorise maintenant le fait de les oblitérer premier jour. On le faisait avant aussi, mais c'est une bonne idée de populariser l'idée comme quoi on peut mettre des oblitérations premier jour, ça permet d'avoir moins de blocs susceptibles de servir sur le courrier ! Et comme ça, il en faut 2 : un neuf et un oblitéré premier jour. Il faudrait peut-être insister dans un prochain numéro sur l'intérêt de les garder sous blister, comme ça certains collectionneurs pourraient en vouloir 3 : un sous blister, un neuf et un oblitéré premier jour. Il faut dire que la version sous blister, c'est bien : il y a parfois des loupés (feuillet mal inséré, abimé voire absent), ça serait mieux si le blister n'était pas ouvert !


Merci à Hervé de m'avoir par son site signalé cet extrait du Phil'Info de mars 2007.

10 avril 2007

Repère carré en bord de feuille

Carte postale affranchie d'une Marianne de Luquet
"Fonds mondiale de lutte contre le Sida,
la tuberculose et le paludisme".
Détail : timbre avec carré rouge sur le bord de feuille

Les repères "carrés de couleur" existent depuis quelques temps sur les timbres en taille-douce de France.

Par contre, il n'apparaissent pas sur les timbres Marianne monochromes, à 2 exceptions prêts :
- la Marianne de Luquet "SIDA" ici présentée ;
- la Marianne de Lamouche "Solidarité Asie".

Dans les 2 cas, il s'agit de Marianne monochromes au format commémoratif avec une vignette. Les feuilles de ces timbres étant datées, on ne peut écarter le fait que dans l'esprit de La Poste il s'agisse toujours de timbres d'usage courant, un retirage éventuel n'ayant pas été exclus.

Un autre point commun à ces 2 timbres, c'est l'utilisation de la GAO pour les vignettes : elles ne sont pas dues (même indirectement) à la main d'un graveur, mais ont été créées par informatique. Il faut dire que la complexité du dessin (il s'agit plus d'une mise en page) rendait cette solution technique logique.

Une indication sur la vignette SIDA : elle est signée Lavergne à gauche. La tradition veut en effet que le dessinateur signe à gauche et que le graveur signe à droite. Quand il s'agit d'une même personne, elle signe à droite. On en déduit donc que la vignette a été dessinée par Lavergne, mais pas gravé par lui (ni par quelqu'un d'autre).

Normalement, il devrait y avoir une signature GAO à droite. Ce n'est pourtant pas le cas.

Aucun timbre mobile ni entier postal n'a jamais été fait en GAO, c'est du moins le discours officiel. Les seuls signatures GAO sont sur des souvenirs (gravure, document du Musée Postal, carte souvenir).

L'utilisation d'une gravure en GAO sur un "beau" timbre mobile, depuis longtemps possible techniquement, serait un signe malencontreux envers les amoureux de la taille-douce et de l'Art du Timbre Gravé en particulier.

11 mars 2007

Bande de carnet sur lettre

Lettre recommandée du 7/2/1975 affranchie avec 11
0,50 Marianne de Béquet (3 barres phosphorescentes)
au recto et au verso.

Le tarif (au 16/9/1974) se décompose en :
- 0,80 : lettre simple du premier échelon
- 4,70 : taxe de recommandation

L'intérêt de cette lettre réside dans l'utilisation d'un bloc de 10 (bord de feuille droit et gauche) qui est un des 2 panneaux d'un carnet de 20 timbres.

Les bords de feuille sur lettre sont une de mes collections : ce n'est pas évident d'en trouver, ils sont souvent arrachés par les postiers ou les usagers. Je rencontre beaucoup de fabrications philatéliques. Certains affirment d'ailleurs que la présence d'un bord de feuille est signe d'une fabrication !

15 février 2007

Erreur sur le timbre ballon d'Alsace

Bloc "La France à Voir n°9" et
le timbre en erreur : "Le ballon d'Alsace"
Photographie du
"Grand ballon" ou "ballon de Guebwiller",
point culminant du massif
des Vosges avec 1424m (source)

Annoncé par l'AFP et repris dans Le Monde : La Poste reconnait une erreur sur un timbre de la prochaîne série de 10 timbres de la thématique "France-Savoir" (sic). Alors qu'il est légendé "Le ballon d'Alsace" (1247m), c'est le Grand ballon qui est représenté ! Malgré tout, le bloc sera émis.

La Poste ne va tout de même pas détruire un tirage tous les mois alors qu'elle émet un carnet écologique au même moment !
Le découpage des blocs précédents
n'était pas facile du tout !
C'est devenu bien plus pratique !

Mais la grande nouveauté de ce bloc est que les perforations ont été prolongées jusqu'au bord. C'est moins esthétique, mais on pourra enfin en utiliser les timbres au lieu de les extraire !

Des carnets de timbres !

J'ai un point de vue un peu particulier sur ces blocs-feuillet : en fait, il s'agit de carnets de timbres !

L'ACCP (association des collectionneurs de carnets de timbres et de publicitimbres) définit un carnet de timbres :
Le carnet de timbres-poste est le conditionnement de vente, fabriqué et mis en circulation par une administration postale ou son concessionnaire, formé d’une couverture dans laquelle est (sont) fixé(s) un(des) feuillet(s) de timbres-poste détachables.

Par extension on retiendra également le simple feuillet, comprenant sur un support unique à la fois la couverture et les timbres, et ayant clairement vocation à être plié par l’usager pour former un carnet.
Dans le cas de ces documents, il n'y a pas de couverture mais ces blocs ont "clairement vocation à être pliés par l'usager". De fait, le perçage vertical sert à plier facilement un bloc en 4, le papier est plus épais que pour les timbres en feuilles, la gomme plus résistante, et le conditionnement se fait par 10 comme les carnets courant contemporains !

Ma définition serait plutôt : un carnet de timbre-poste est un conditionnement de plusieurs timbres vendu de façon indivisible, conçu pour être glissé dans un portefeuille (soit déjà plié soit prévu pour l'être).
Précurseur des blocs "La France à voir" et "La France à vivre" : un des 2 modèles d'un conditionnement en 10 exemplaires (émis en 1958) du 12F Marianne de Muller. Il est expliqué sur ce modèle :
Pour donner à cette feuille la forme d'un carnet la plier comme indiqué ci-dessous.
L'expérience ne sera pas reconduite : la fabrication de ces feuilles du 12F Marianne de Muller s'est avérée plus complexe que prévu, en particulier du point de vue de la gomme qui est apposée au niveau des timbres mais pas sur les marges verticales.

Personne ne conteste le statut de carnet à cette présentation, et pourtant il était également vendu non-plié et n'avait pas de couverture à proprement parler. De plus, l'administration parle de plier cette feuille sous "la forme d'un carnet" : elle ne considère pas qu'il s'agisse d'un carnet ! Mais quelque chose qui a le même usage qu'un carnet, pour moi c'est un carnet !
Exemplaire bord de feuille sur lettre.
Plis évidemment philatélique, d'autant plus
que le bord de feuille est non-gommé :
il faut donc utiliser de la colle pour
le fixer ainsi sur l'enveloppe !

Ma philatélie : Un ballon, ça va. Deux ballons...
Timbres erronés

05 décembre 2006

Cent ans de carnets francais

C'est avec un peu de retard que ce message est fait, l'émission des 2 premiers carnets français a eu lieu de 1er décembre 1906 !

Que de chemin parcouru depuis ces premiers carnets à l'accueil plutôt froid (il fut dire que le prix était supérieur à la faciale, car ils coutaient plus cher à fabriquer !) et la situation actuelle où les carnets sont omniprésents !

Qu'est-ce qui a changé en 100 ans pour faire des carnets le mode de distribution préférentiel des timbres ? L'abandon de la surtaxe dès 1910, mais surtout l'introduction des carnets autocollants en 1990 avec le 2,30 Marianne de Briat. Plus récemment, les carnets "vacances", "sourires", ... mais aussi les blocs-feuillets de 10 timbres "La France à vivre" ou la "France à voir" (qui une fois pliés, ont une même configuration et une utilisation similaire aux carnets) complètent l'offre des carnets Marianne.

Une des décisions qui a permit à La Poste de réduire sensiblement ses coûts, c'est celle de ne plus fournir les carnets pliés : la partie délicate (voire manuelle) de la production des carnets réside dans les couvertures et en particulier l'assemblage (dont les pliages) ! Avec les carnets autocollants, il n'y a plus ces problèmes.

Paire verticale, bord de feuille haut et bas (et gauche)
montrant l'origine de ces timbres du carnet n°1
(40 timbres, 2 feuillets de 20,
prix 2 francs et 5 centimes)
L'oblitération avant 1910 prouve
qu'il s'agit du carnet avec surtaxe.
Sur lettre, trois 5 centimes Semeuse
dont une paire verticale avec bord haut et bas
prouvant l'origine d'un carnet.
Les paires verticales des 5 centimes se trouvent
principalement sur cartes postales et plus
rarement sur lettre
(l'utilisation en Algérie ne gâche rien).
Détail de la paire verticale. Le bord de feuille
supérieur est non-dentelé, la paire est donc issue
du premier feuillet (en haut) dans la feuille-mère
(qui comprenait 5 feuillets).


Association des collectionneurs de carnets et publicitimbres

13 octobre 2006

Timbres se-tenant

Sur lettre, paire du 2,30 et du 0,20 Marianne de Briat.
Tarif de la lettre simple intérieure à 2,50 du 19/8/1991.
Détail, la paire se-tenant

Une paire "se-tenant" est une paire avec 2 timbres différents. C'est une spécialité suisse, c'est pourquoi le terme français est rentré dans le langage (tout au moins philatélique) anglophone, tout comme le terme "tête-bêche", ou comme le terme allemand "blind-zahn" est utilisé aussi en français !

En France, on en a sur timbre dentelé 4 exemples sur les timbres d'usage courant : le 2,20 + 0,40 Liberté (et le 0,10 + 0,40) ; le 2,30 + 0,20 (et le 0,10 + 0,20) Marianne de Briat. Sur timbre autocollant (mais il ne se tiennent pas vraiment...) ou sur des émissions philatéliques, il en existe bien d'autres... Mais les 2 paires citées comportant un timbre de la lettre simple ont un attrait particulier !

Ces timbres se-tenants sont issus de carnets à 10,00 : ils ont émis émis pour servir dans des distributeurs automatiques de carnets simplifiés, sans rendu de monnaie. Ils se devaient donc d'être un multiple de 10 francs. Pour cela étaient imprimés le maximum des timbres au tarif de la lettre, plus des valeurs complémentaires pour faire un compte rond.

Ils n'ont guère servi pour cet usage, les distributeurs étant en phase de test. Ce n'est qu'avec les carnets autocollants à 20,00 dits "Sterner" (du nom de l'automate les distribuant) que ce type de carnet aura un réel usage. Ces distributeurs seront retirés peu avant l'euro devant l'importance de la fraude : ils ont beaucoup été utilisés pour écouler de fausses pièces de monnaie à 10 francs, en particulier dans le sud de la France.

03 octobre 2006

Marianne de Dulac, tirage de Paris

Marianne de Dulac, tirage de Paris sans valeur faciale
Bord de feuille inférieur avec
point de repère et indicatif de presse
(le timbre est présenté dans le
sens de la feuille)

La Marianne de Dulac est une réussite esthétique de l'imprimerie Delarue en Angleterre. Elle a été imprimée en taille-douce à plat là où les petits formats d'usage courant français étaient imprimés en typographie rotative avec un résultat forcément moins bon.

Pour montrer que l'Atelier du Timbre français avait les capacités techniques de faire aussi bien que les anglais (voire mieux, s'agissant de taille-douce rotative) un poinçon a été confectionné et un tirage de démonstration effectué.

L'intérêt de l'exemplaire présenté réside dans le bord de feuille avec le point de repère et l'indicatif de presse, qui montrent tous les deux qu'on a bien à faire à un tirage de l'Atelier du Timbre de Paris.

Marianne de Dulac : philatélie, philatélie fiscale et numismatique
Carte maximum Marianne de Dulac autocollante
Marianne de Dulac pour le Trésor Public

20 septembre 2006

Marianne de Gandon à la bretelle

Variété très connue de la Marianne de Gandon 100F
dite "à la bretelle". Ce timbre a été imprimé en feuilles
de 25, le bord de feuille inférieur avec repère "point" et
indicatif de presse se situe au milieu du bas de feuille
(sous la case 23), la variété est donc en case 22.
Détail de la variété. Il s'agit en fait
d'une griffe bien placée !

Les griffes sont des variétés classiques en taille-douce : elles sont habituellement provoquées par un corps étranger qui vient se ficher dans l'essuyeur (chargé de ne conserver l'encre que dans les tailles) ; ce corps vient frotter le cylindre taille-douce provoquant une nouvelle taille accidentelle, elle se traduit à l'impression par un trait vertical. La grande série avec ce type de variété est la Liberté de Gandon, on y trouve même une "bretelle" sur 2,20 Liberté issu de carnet fermé ! La griffe sur le 100F Marianne est sans doute la première du genre en France, en tout cas pour une Marianne... Elle est cotée dans la plupart des catalogues, ce qui n'est pas le cas de la plupart des autres griffes : il faut dire que les coter toutes prendrait beaucoup de place !

16 septembre 2006

Piquage à cheval sur 0,80 Bequet

Piquage à cheval sur
0,80 rouge Marianne de Bequet

Cet exemplaire du piquage à cheval de feuille TD6 (tirage du 20/5/75) est particulièrement intéressant dans cette configuration en coin de feuille inférieur gauche.

Tout d'abord avec ce bord de feuille on a la figurine au complet, c'est une préoccupation des amateurs de piquage à cheval qui les conduit par exemple à préférer les paires (voire les blocs pour un piquage en croix).

On distingue les barres phosphorescentes, elles sont réglées par rapport à la dentelure et non pas par rapport à l'impression (c'est un critère qui permet de valider qu'on n'a pas affaire à un faux piquage à cheval réalisé à partir du non-dentelé officiel qui lui a les barres phosphorescentes par rapport à l'impression).

On remarque aussi que la coupe des feuilles en sortie de presse se règle également sur la dentelure.

Mais l'intérêt de cette pièce apparaît surtout à la lecture du livre "La Marianne de Bequet, témoin de son temps" par Jean Renard. Page 38 sont présentés des blocs issus du début du tirage du 20/5/75 sur TD6-1, avec (les numéros de feuilles vont en décroissant sur TD6) :
  1. Bas de feuille numéroté 48590, dentelée, sans impression ni barres phosphorescentes.
  2. Bas de feuille numéroté 48667, impression à sec avec barres phosphorescentes.
  3. Bande verticale de 10 numérotée 48666, avec le début de l'encrage en haut de feuille, piquage à cheval sur le dernier A de Française.
  4. Bas de feuille encré numéroté 48662, piquage à cheval sur le i de Française.
  5. Bas de feuille encré numéroté 48634, piquage à cheval sur le e de Française, le normal est proche.
Ce coin de feuille numéroté 48665 s'intercale donc entre les pièces 3 et 4, il se situait dans la première feuille encrée totalement. Ce qui est curieux, c'est la position du piquage qui est un peu meilleure - du point de vue philatélique - que sur les blocs présentés (entre le ç et le a de Française), y compris la pièce 3, alors que la tendance était clairement à l'amélioration du centrage.

Il est parfaitement expliqué (et illustré !) la phase de mise en route d'une presse, à vitesse réduite. Les éléments sont mise en place dans l'ordre inverse de leur utilisation :
  1. Le piquage, dernière étape de la fabrication ;
  2. Impression des barres phosphorescentes et mise en pression du cylindre de contrepartie ;
  3. Ajout de l'encrage ;
  4. Réglages ;
  5. Augmentation de la vitesse d'impression.
C'est donc au moment de l'encrage que le conducteur de presse peut se rendre compte du décalage de la dentelure et règle ce paramètre vers la normale. Il semblerait donc que le premier réflexe du conducteur de presse ait été de régler la perforation dans le mauvais sens, réflexe rapidement corrigé, ce qui expliquerait ce piquage à cheval sans doute proche de l'état maximal de cette variété (si ce n'est l'état maximal). Bon, il faut relativiser, ce décalage représente moins d'une demi-dent par rapport aux exemples de l'excellent livre cité.

Illustration d'un incident similaire sur le 4,40 Marianne de Luquet

Mise à jour 18 septembre :
Quelques confusions dans le texte original, les BP sont repérés par rapport à la dentelure et non par rapport à l'impression. Il y avait également un problème de numérotation. Je relis ça plus tard pour voir si c'est bon maintenant !

04 septembre 2006

Croix de repere pour la dentelure

30c Empire Lauré, tirage spécial
de l'exposition universelle de 1867.
Bord de feuille supérieur avec croix
de repère pour la dentelure.

Afin de présenter la production de timbres pendant l'Exposition Universelle de 1867, Anatole Hulot procède à un tirage spécial des timbres alors en cours de vente : il choisira d'utiliser ses meilleures planches : à 4c (couleurs du 1c : olive sur azuré, du 2c : rouge brique, du 5c : vert-jaune sur verdâtre) et 30c (couleurs du 10c : bistre, du 20c : bleu, du 40c : orange, du 80c : rose, et du 5F : violet encre grasse, violet encre maigre, violet foncé sur lilas encre grasse et violet foncé sur lilas encre maigre). Le tirage de chaque valeur est compris entre 10 et 32 feuilles de 150. Ce tirage a fait l'objet d'un article dans Timbres Magazine et a été repris dans le Dallay.

Ce timbre à 30c est donc quelque part un 5F Empire ! C'est une manière relativement peu coûteuse (si on parvient à trouver une paire horizontale) de boucher une case !

J'ignore quelle est la couleur parmi les 4 possibles de ce timbre (le tirage - et la cote - en dépendent) : ce bord de feuille haut n'existe qu'à 32 exemplaires maximum. Les croix de repère sur les timbres émis - les classiques en particuliers - sont peu courants, les bords de feuilles étant peu conservés et généralement éliminés par les postiers ou les usagers (j'aime bien les bords de feuille !).

A quoi servaient les croix de repère (une en bas de la feuille, l'autre en haut) ?

Pour l'impression en typographie ou en taille-douce à plat, ils servaient à la phase de dentelure. Cette étape finale de la fabrication avait lieu sur une machine dédiée, qui comportait 2 poinçons (clous côtés pointu) en bas et en haut qui permettait de maintenir les planches pendant la perforation : le cercle au centre de cette croix de repère est la cible de ces 2 poinçons.

Actuellement, les croix de repère en héliogravure ou en offset sont utilisés pour le repérage des couleurs (en cas de décalage(s), la croix est doublée (triplée, ...).

25 août 2006

Carte postale Sabine bord de feuille

Carte postale du 1,20 Sabine
En haut à gauche, repère de coupe

Les bords de feuilles ne se trouvent pas que sur les feuilles de timbres mobiles. On peut également en trouver sur des présentations dont les bords sont normalement chutés, à l'occasion d'un décalage de coupe plus ou moins important : on y trouve parfois des repères divers ou des inscriptions de services, qui seraient ignorés sans ces incidents ou accidents de fabrication. Parfois réalisés manuellement, ils peuvent permettre d'identifier le matériel d'impression tout comme les repères présents sur les feuilles de vente. A noter d'ailleurs que les cartes postales en taille-douce du type de l'exemple présenté sont planchables, en effet les traits délimitant la zone d'adresse sont gravés à la main sur chaque carte postale du cylindre, on peut donc distinguer chaque carte postale (trouver leur position étant un autre problème !).

Ici le décalage vertical est mineur, le repère est un trait horizontal. Cette pièce est à rapprocher des repères de coupe sur les roulettes.

Repère de coupe sur roulette
Repère de coupe et BOPST suite à un décalage majeur

25 juillet 2006

Marianne à la Nef : quatre points de repère

Affranchissement avec une paire bord de feuille de
la Marianne à la Nef. Tarif pour l'étranger. Pour
l'annecdote, la lettre semble adressée par un Français
à une petite amie en Roumanie, la mention "Recommandée"
n'a pas de signification postale, de même que
"Personnelle" et "Condidentiel".
Je viens de voir le prix, je l'ai payé plus cher
à un collègue qui connait mes goûts dans une
vente sur offre du Cercle des Amis de Marianne...
La paire horizontale avec bord de feuille, il
manque le bord de feuille droit.

Les bords de feuille sur lettre, c'est une de mes passions :-), par exemple 1, 2, ou 3.

La Marianne à la Nef est une des mes collections principales (c'est à dire que je dépense plus que de raison sur ce timbre...), c'est ma collection la plus avancée. Il est finalement assez rare que je montre sur ce blog des documents qui rentrent dans mes collections, le plus souvent il s'agit de coup de coeur. Ce document est l'un et l'autre !

L'intérêt de cette pièce est la présence des 4 trous sur une barre du bord de feuille. En effet, quand l'imprimerie réalisait un cylindre en typographie, un ouvrier rajoutait sous le 100è timbre (dans le coin daté) 1 et 3 trous (il y a 2 feuilles par tour de cylindre). Au dessus du 10è timbre, il y avait 0 ou 4 trous. Ces trous faits à la main sont précieux pour les collectionneurs de coins datés, ils permettent d'indentifier le cylindre : on mesure leur position au quart de millimètre, ce qui donne l'identité du cylindre.

Le coin de feuille supérieur droit n'intéresse par contre pas les collectionneurs de coins datés, donc il m'est impossible d'identifier le cylindre. Mais il illustre de belle façon (les bords de feuille sur lettre, j'aime bien, je crois l'avoir déjà dit) ce détail - mais dieu, ou le diable - est dans les détails !
Non-dentelé officiel du 25F Marianne à la nef,
coin de feuille haut-droit avec les 4 points de
repère (10 exemplaires possibles, si le nombre de
20 feuilles non-dentelées généralement évoqué est vrai).
les repères sont très différents de l'exemple
précédent.