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15 mars 2008

Marianne de Beaujard : taille-douce par Yves Beaujard

Phil'Info s'est trompé, la gravure de la Marianne de Beaujard a bien été réalisée par Yves Beaujard et non par Elsa Catelin.

C'est Yves Beaujard qui le confirme dans le dernier Atout Timbres.

Et si... les 2 avait raison ?

Yves Beaujard a gravé le poinçon qui va servir à faire les épreuves d'atelier.

Elsa Catelin a réalisé le poinçon virtuel (image informatique) à partir du dessin d'Yves Beaujard qui est déjà presque une gravure !

Les derniers timbres-poste imprimés en taille-douce classique (par transfert mécanique) seraient ceux issus du carnet mixte Marianne de Lamouche/Marianne de Dulac.

La production est donc maintenant totalement réalisée par du transfert numérique (Hell - électromécanique, ou Epikos).

La réalisation d'un poinçon sur acier est donc une étape maintenue plus pour des raisons politiques que des réelles nécessités techniques : que le poinçon virtuel en 2 dimensions provienne de la numérisation d'une épreuve ou d'un poinçon, ou bien qu'il provienne d'un dessin, le résultat final sera le même.

29 juillet 2007

Les visages de Marianne

Souvenir sans pouvoir d'affranchissement
offert aux clients de La Poste ayant commandé
un certain montant dans un catalogue trimestriel du SPP.
Il se présente sous la forme d'un double format A4,
le premier (percé pour laisser voir une Marianne)
venant se replier sur cette page.

Ce feuillet, malgré son statut de souvenir, est très intéressant car il montre plusieurs Marianne inédites. Il a été imprimé en taille-douce, selon une méthode de confection numérique (sans doute électromécanique sur la HELL).

Ainsi, on voit des timbres imprimés en taille-douce alors que le timbre émis a été imprimé en typographie, et quelques non-émis.

Il est possible que ce document ait servi d'essai pour la réalisation des Documents Philatéliques Officiels en taille-douce électromécanique.

A noter que les dates d'émission présentées sont peu cohérentes entre elles : parfois celle du timbre émis, parfois celle du premier timbre de la série, parfois une date fantaisiste... La Marianne de Fernez (que les philatélistes appellent plus souvent la Marianne d'Alger) a été imprimée en lithographie à plat, et "gravée" (en fait dessinée sur la pierre lithographique) par Charles Hervé.

Cette vignette a fait l'objet d'un poinçon par Jacky Larivière, ce serait le seul poinçon réalisé pour ce document.

Des timbres de cette série sont connus en Corse dès mars 1944, ce qui est significativement plus tôt que la date indiquée par La Poste (les dates données sont extraites du catalogue Marianne).
La Marianne de Gandon existe sous 3 formes : petit format typographié (gravé par Henri Cortot), et petit et grand format en taille-douce gravés par Gandon. Le texte attribue la gravure à Cortot alors que le timbre est celui de Gandon. La Marianne de Dulac n'a pas été gravée par Dulac, mais par Vincent Phillips. S'agissant d'un timbre imprimé à Londres par Delarue, le Musée de La Poste ne possède pas son poinçon (en tout cas, dans le livre "Les poinçons de l'histoire", qui a utilisé les poinçons conservé au Musée dans sa confection, ne montre que des reproductions et non des vignettes en taille-douce).

Il est donc vraisemblable que cette vignette ait été réalisée à partir de la numérisation d'un timbre émis !
Version taille-douce inédite d'un timbre émis uniquement en typographie. Cette vignette a vraisemblablement été réalisée en GAO à partir d'un timbre émis, la GAO se chargeant de remplacer l'à-plat du fond par des lignes entrecroisées.
Version taille-douce monochrome d'un timbre uniquement émis en typographie en 2 couleurs. Le choix de la version lignée (à 25F) a permis d'éviter trop de tramage en GAO. La source de cette gravure est sans doute un timbre émis, le repérage entre les 2 couleurs n'était d'ailleurs pas parfait (voir le haut de la voile qui rogne sur la légende).
Magnifique et peu couteuse occasion de mettre en collection une des 2 versions en taille-douce de la Marianne de Decaris gravée en taille-douce par son auteur. Il s'agit vraisemblablement du premier poinçon : son format correspond au format des petits formats taille-douce mais sans les marges, il est trop grand !

La Marianne de Cocteau a été imprimée en 2 couleurs : rouge pour la Marianne et la faciale (taille-douce indirecte) et bleu pour les inscriptions, le cadre et le fond (taille-douce indirecte). Comme le document est en taille-douce monochrome, c'est donc encore une version inédite de cette Marianne. Le repérage des couleurs est très bon, je penche pour la numérisation de 2 épreuves regroupées sur informatique. Le timbre a la virgule inversée du "type 2" prêt de la faciale.Marianne de Cheffer, normalement imprimée suivant la méthode mécanique (par molette) de confection des cylindres.


Sabine, dans une version en taille-douce électromécanique inédite.
Liberté, encore une version en taille-douce électromécanique inédite.

À noter la mention (comme sur le timbre) "d'après" Delacroix : Gandon a en effet corrigé le nef de la Liberté.
Version non-émise de la Marianne de Briat en taille-douce ! Pour des problèmes technique, le poinçon original de Forget respectant la maquette initiale de Louis Briat a été éliminé : l'essuyage posait problème à cause des lignes verticales qui étaient dans le sens de ce essuyage.

Cependant, après comparaisons, j'ai conclu que c'est l'image utilisée pour les PAP qui a été modifiée (ajout de la faciale), et non le poinçon de Forget (d'ailleurs, il n'y a pas la signature de Forget mais juste celle de Briat).

Le seul non-inédit du lot, c'est la Marianne de Luquet "La Poste" dans sa version au type II ayant servi sur les cylindres confectionnés par la HELL.

Avis de recherche : je cherche un scan (ou le catalogue du SPP) où est indiqué que ce document est offert (ou bien la date du catalogue et le montant minimum de commande requis).

C'est un document qui me plaît beaucoup, d'autant plus qu'il montre la dernière Marianne à la Nef imprimée par La Poste, en attendant peut-être un jour un "timbre sur timbre" : elle fête son 50è anniversaire dans 2 ans, et pourrait faire l'objet d'un carnet mixte autocollant ; celui prévu pour le salon d'automne en fin d'année de la Marianne de Cheffer.

Mise à jour : JP, TS et DM ont répondu à mon appel. Ce document a bien été un cadeau offert pour les commandes de plus de 60 euros dans le catalogue papier du service philatélique (du 1er trimestre 2003) : ce cadeau est signalé sur l'enveloppe du catalogue, sur sa couverture et en page 7. Merci pour ces précisions !

10 avril 2007

Repère carré en bord de feuille

Carte postale affranchie d'une Marianne de Luquet
"Fonds mondiale de lutte contre le Sida,
la tuberculose et le paludisme".
Détail : timbre avec carré rouge sur le bord de feuille

Les repères "carrés de couleur" existent depuis quelques temps sur les timbres en taille-douce de France.

Par contre, il n'apparaissent pas sur les timbres Marianne monochromes, à 2 exceptions prêts :
- la Marianne de Luquet "SIDA" ici présentée ;
- la Marianne de Lamouche "Solidarité Asie".

Dans les 2 cas, il s'agit de Marianne monochromes au format commémoratif avec une vignette. Les feuilles de ces timbres étant datées, on ne peut écarter le fait que dans l'esprit de La Poste il s'agisse toujours de timbres d'usage courant, un retirage éventuel n'ayant pas été exclus.

Un autre point commun à ces 2 timbres, c'est l'utilisation de la GAO pour les vignettes : elles ne sont pas dues (même indirectement) à la main d'un graveur, mais ont été créées par informatique. Il faut dire que la complexité du dessin (il s'agit plus d'une mise en page) rendait cette solution technique logique.

Une indication sur la vignette SIDA : elle est signée Lavergne à gauche. La tradition veut en effet que le dessinateur signe à gauche et que le graveur signe à droite. Quand il s'agit d'une même personne, elle signe à droite. On en déduit donc que la vignette a été dessinée par Lavergne, mais pas gravé par lui (ni par quelqu'un d'autre).

Normalement, il devrait y avoir une signature GAO à droite. Ce n'est pourtant pas le cas.

Aucun timbre mobile ni entier postal n'a jamais été fait en GAO, c'est du moins le discours officiel. Les seuls signatures GAO sont sur des souvenirs (gravure, document du Musée Postal, carte souvenir).

L'utilisation d'une gravure en GAO sur un "beau" timbre mobile, depuis longtemps possible techniquement, serait un signe malencontreux envers les amoureux de la taille-douce et de l'Art du Timbre Gravé en particulier.

02 décembre 2006

Timbre Marianne de Gandon autocollant (suite)

J'avais émis l'hypothèse que la Marianne de Gandon du carnet autocollant pouvait être dérivée de la Marianne de Gandon en "timbre sur timbre" de la Journée du Timbre de 1995. Les deux sont signés Larrivière.

Après examen et questions posées au Salon du Timbre, cette hypothèse s'avère fausse.

Epreuve d'atelier de la Marianne de Gandon
de la journée du timbre 1995
Détail du timbre sur timbre.
Détail du timbre du carnet


La comparaison des traits des 2 Marianne de Gandon montre que le dessin est bien différent !

S'il m'a été confirmé que la réalisation en GAO avait été envisagée (soit à partir de la Marianne originale en typographie, soit à partir de la gravure de la Journée du Timbre), il y a une volonté de conserver pour les timbres la gravure manuelle d'un poinçon, même si la plupart sont gravés électromécaniquement sur le cylindre d'impression.

09 novembre 2006

Carnet mixte Marianne de Gandon / Marianne de Lamouche

Le carnet mixte Marianne de Gandon/Marianne de Lamouche a été émis hier à l'occasion du Salon d'automne 2006.

Paire du carnet
Journée du timbre 1995,
cinquantenaire de la Marianne de Gandon

En comparant ces 2 scans (je n'ai pas encore eu le carnet entre les mains) je note plusieurs choses :
- Les 2 Marianne de Gandon sont gravées par Larrivière.
- Il s'agit d'une reprise de la version typographiée de la Marianne de Gandon.
- J'ai le sentiment d'une Marianne "étirée" verticalement pour le 0,54.

Il semble par ailleurs que la confection des cylindres d'impression ait été réalisée par la méthode électromécanique (comme pour le carnet mixte Marianne d'Alger).
Une hypothèse est que le 0,54 euro Marianne de Gandon ait été réalisé en GAO partielle à partir du timbre de la journée du timbre de 1995, en étirant de timbre verticalement (le format actuel des Marianne est plus haut et moins large que le format des Marianne typographiées).

Reste donc à vérifier sur pièce cette hypothèse en comparant les 2 timbres à la loupe ; en posant la question au graveur... Ce n'est réellement qu'une hypothèse hypothétique, mais c'est en posant les bonnes - ou parfois les mauvaises - questions qu'on peut obtenir des réponses !

01 novembre 2006

Erreur sur timbre Marie Marvingt

Timbre à 5,00 euros de poste aérienne "Marie Marvingt".
Gravure en taille-douce électromécanique
Épreuve d'atelier de la partie taille-douce du timbre,
le reste de l'impression du timbre est en offset.
À ne pas confondre avec une épreuve d'état,
même s'il existe peut-être des épreuves paraissant
terminées de l'éventuel poinçon destiné à la gravure.
Détail de l'épreuve.
Depuis 1959, la règle est de réaliser
les épreuves d'atelier sans les signatures.
Le dessin d'Émile Friant ayant sans doute
inspiré le timbre. L'avion est le "Capitaine Echemann"
qui figure sur le timbre. Il s'agit du premier avion-ambulance
de France, il a été financé par les dons du public
et les entrées à des conférences de l'aviatrice.
On lit autour sur l'avion, autour de la tête
de l'aviatrice, CAPT ECHEMAN.
Détail isolé de l'épreuve : on lit "CAPT ECHEMAN",
il manque un N final comme sur le dessin précédent !
Le capitaine Paul-Maurice Echemann est mort
le 14 mai 1912, il était un ami de l'aviatrice.

Le procédé d'impression mixte taille-douce offset donne de très bons résultats, il permet d'associer les avantages de l'offset (reproduction photographique, ça tombe bien car le dessinateur animalier Christophe Drochon, auteur du portrait, fait des tableaux hyperréalistes) et de la taille-douce (précision du dessin au trait, très difficile à falsifier).

Ce procédé a été introduit en France en 1989 avec le bloc-feuillet "PhilexFrance 89 - Déclaration des Droits de l?Homme et du Citoyen" sur la presse PDT4 (le 2,20 Conseil de l'Europe est antérieur mais pas tout à fait français). Il a été utilisé par exemple sur le très beau bloc Vatican en 2005.

La nouvelle presse TD215 offre cette possibilité, elle a été mise en oeuvre avec le 2,00 euros Adrienne Bolland en 2005.

Dans le ciel de la Touraine (pdf)
Marie Marvingt, la fiancée du danger
Rue du capitaine Echmann à Angers.

21 mai 2006

Gravures et épreuves

Les gravures sont des souvenirs vendus par la poste depuis 1995 (d'abord 10 francs, puis 2 euros).

Il s'agit d'empreintes en taille-douce de la plupart des timbres émis, y compris ceux faisant appel à d'autres procédés (pour lesquels un poinçon taille-douce spécial était spécialement réalisé, maintenant tout ou presque se fait par informatique en GAO).

Ce qui a reçu peu d'attention, c'est que les procédés mixtes (taille-douce/offset, taille-douce directe/indirecte ou taille-douce/typographie) ont le plus souvent aussi nécessité la réalisation d'un poinçon spécifique. Le plus souvent une copie du poinçon original de la taille-douce directe sert au départ :
- il faut aplanir les surfaces et recreuser les tailles, la molette en acier durci se reporte mal sur l'acier doux, alors que la copie sur du cuivre pour les cylindres d'impression est très bonne.
- les parties manquantes (ayant fait l'objet de l'impression offset, typographique ou taille-douce report) sont ajoutées.

Impression taille-douce/taille-douce report
Epreuve d'atelier signée Béquet, il s'agit d'une empreinte du poinçon servant à l'impression report (l'image imprimée ici est inversée, à l'impression il y a un cylindre intermédiaire que permet d'avoir un résultat... à l'endroit !). On note les traits de repère réalisés par le graveur comme guides.
Epreuve d'atelier de la taille-douce directe.
Epreuve d'atelier du poinçon destiné à la gravure, le dessin est un mixte des 2 précédents.
Gravure du timbre Orléans de 1995. Exceptionnellement (mais il y en a d'autres) c'est le poinçon normal de la taille-douce directe qui a été utilisé sans retouche pour ajouter le fond de la taille-douce report.

Taille-douce/OffsetTimbre sur le Château de Plessis-Bourré émis en 1997.
Epreuve d'atelier du poinçon taille-douce. On voit parfois ce type d'épreuve vendu pour une "épreuve d'état" tant il semble qu'il n'est pas terminé. Mais en fait le reste de l'impression est en offset.Epreuve d'atelier du poinçon destiné à la gravure.

Taille-douce/Taille-douce report/TypographieIl s'agit à ma connaissance du seul timbre qui comprend ces trois modes d'impression : taille-douce, taille-douce report et typographie à plat. Je n'ai pas les détails de l'histoire, mais ce timbre consacré à la civilisation des Arawaks a sans doute du poser problème du point de vue diplomatique (ce peuple est plus étendu que les seules possessions française, il y avait eu un problème similaire sur un timbre Polynésien qui avait du être retiré). Bref, je ne doute pas de pouvoir bientôt compléter cet article par les contribution des lecteurs :-) Toujours est-il que la mention "ILE DE SAINT MARTIN" a été rajouté en typographie à plat.La gravure est entièrement en taille-douce. La copie n'a pas été modifiée pour ajouter le fond rendu par la taille-douce indirecte, mais la mention ILE DE SAINT MARIN a été gravée.

Mise à jour : il est mentionné dans Timbroscopie et Le Patrimoine du Timbre Français que la surcharge est en offset. J'ai quelque doutes, mais bon. A noter cependant qu'il existe des timbres (mais non métropolitains) en taille-douce/taille-douce report/typographie, c'est le cas notemment du 2,20 Liberté Philexfrance 1989 de Saint-Pierre et Miquelon.

Les épreuves sont issues de DieProofs.it (à visiter absolument, il y a une version anglaise).

29 avril 2006

GAO gravure assistee par ordinateur

Le terme GAO est utilisé par l'ITVF (la nouvelle dénomination est Phil@poste Boulazac) pour désigner la création d'un "poinçon virtuel" à partir d'un document par opposition à la création de ce poinçon virtuel par simple nettoyage de la numérisation d'un poinçon encré (ou d'une épreuve de ce poinçon). Le terme "poinçon virtuel" désigne pour les philatélistes le fichier informatique de l'image du timbre, il sert de base à la confection numérique des cylindres d'impression.

Le choix de la GAO est un choix économique. Il faut un ou deux jours pour réaliser l'adaptation d'un dessin à la taille-douce par informatique alors qu'il faut une quinzaine de jours à un graveur pour faire un poinçon au burin sur acier. La gravure numérique d'un cylindre prend une journée, alors que la confection traditionnelle par molette prend deux semaines nécessite des acides ammoniaqués (dangereux et bientôt interdits).

C'est ainsi que le sigle GAO remplace le nom du graveur (l'infographiste qui créé ce poinçon virtuel demeurera inconnu, du moins sur le timbre) sur une quasi-totalité des Documents Philatéliques Officiels actuellement, à l'exception des DPO des timbres émis en taille-douce. Les timbres émis en taille-douce sont encore réalisés par la méthode traditionnelle de confection des cylindres, par moletage. Seuls les timbres d'usage courant sont généralement réalisés avec des cylindres confectionnés numériquement).

Bc92 me signale un document qui comporte une double signature graveur-GAO :

  • le graveur est en l'occurrence Larrivière ;
  • le document est un pseudo-entier distribué aux réservataires (curieux, il fait double-emploi avec le bloc Timbres Plus) ;
  • le "timbre" de ce pseudo-entier est une combinaison des 2 timbres du bloc Raphaël, émission conjointe avec le Vatican.
Le bloc Raphaël Vatican est un magnifique exemple du savoir-faire de l'imprimerie des timbres-poste et de ses graveurs. Il combine l'offset pour les reproductions des peintures du Vatican et la taille-douce traditionnelle pour les dessins du Musée du Louvre.
La carte postale reprend un dessin de Raphaël (en l'absence de signature d'un graveur et au vu de la technique de gravure, il s'agit de GAO), un "timbre" inédit et un cachet apposé par une machine à la date du 1/1/2006. A priori, cette carte est en gravure électromécanique et imprimée sur une TD6.
La vignette montre à droite une signature LARRIVIERE-GAO.
Ce montage est une combinaison des 2 timbres du bloc. L'infographiste est lui parti plus directement du travail du graveur (pas de fond coloré par exemple), il a ensuite combiné les 2 images comme ici et a supprimé les informations redondantes (faciale, mentions "FRANCE" et "LA POSTE 2005" à droite), a corrigé le texte en bas à droite et a redessiné les parties autrefois couvertes par les inscriptions. Il a aussi ajouté des traits pour tenir compte de l'absence de l'impression offset en fond, en particulier pour éviter les larges zones blanches.

Le poinçon virtuel de la vignette de cette carte est donc à la fois le résultat du travail du graveur et de celui de l'infographiste : d'où une double mention graveur-GAO qui a des chances de rester unique !

WNS - les timbres du Bloc Raphaël Musée du Louvre-Vatican
Art on Stamps - Emission commune France-Vatican
Le burin et/ou la souris, la révolution des procédés d'impression (Marianne de Briat)
Phil@Mayotte - Taille-douce (avec les informations sur les durées des opérations)
L'Art du Timbre Gravé (le site ouvre prochainement)

22 décembre 2005

La taille-douce en France : polemique

J'ai eu envie de prendre le contre-pied du discours actuel sur la gravure en taille-douce avec une thèse simple : le développement des émissions de timbre-poste en taille-douce passe nécessairement par l'adoption généralisée de la gravure électromécanique !

La taille-douce en France : timbres et philatélie

Si le nombre de timbres-poste en taille-douce a diminué régulièrement en France, le nombre de gravure taille-douce en général est plutôt en augmentation ! En effet, le nombre de timbre a une certaine tendance à augmenter : même en ne conservant que les nouvelles figurines (c'est-à-dire sans tenir compte des différentes présentations : feuille, roulette, carnet(s), bloc-feuillet, feuillet, feuille et entiers postaux, ...). Or chaque nouveau timbre - ou presque - fait l'objet d'un document philatélique officiel (DPO) et d'une « gravure » qui n'est qu'un sous-produit (au sens de la fabrication) du DPO.

Or un document philatélique officiel, quel que soit le mode d'impression du timbre ou de la série de timbres dont il fait l'objet, comporte en plus une version gravée de ces timbres et une illustration généralement en taille-douce. La taille-douce en France c'est donc surtout le DPO ! La production de timbre n'est en fait qu'accessoire (s'il n'y avait aucun timbre-poste émis en taille-douce, cela ne diminuerait pas le nombre de versions gravées !).

Le danger pour la gravure en France n'est donc pas dans la réduction des timbres gravés, mais dans la réduction des versions gravées et des illustrations réalisées en taille-douce par des graveurs : c'est dans ces documents que la GAO (Gravure Assistée par Ordinateur, où aucun poinçon n'est gravé) a commencé et se développe de manière importante (et en particulier pour les illustrations), bien plus que pour les timbres émis où cela ne concerne que les Marianne :

  • la Marianne de Briat (3 valeurs)
  • les Marianne de Luquet « La Poste » et « RF » (toutes les valeurs)
  • la Marianne de Lamouche (toutes les valeurs)
  • la Marianne de Luquet « fond mondial/de lutte/contre le sida/la tuberculose/et le paludisme » et la Marianne de Lamouche « Solidarité Asie » ont leur vignette réalisée en GAO.

Le DPO de la dernière émission de la Marianne de Briat :
son illustration et les textes est en GAO (dès 1996 !),
les Marianne imprimées sur le document restent issues d'une image
du poinçon mais les faciales ont été ajoutées informatiquement.

Le document philatélique officiel souffre depuis quelques années, ses ventes sont en baisse. Sa disponibilité est réduite depuis qu'il n'est plus en vente dans les 200 points philatélie : il ne reste disponible qu'à l'occasion des « Premier Jour », par correspondance et sur internet, ainsi que sous forme d'abonnement annuel avec un prix fixe pour l'année : cette forfaitisation a encouragé La Poste à ne plus faire systématiquement de DPO : il n'y en a pas eu pour les timbres autocollants Marianne d'Alger ou Marianne de Dulac par exemple, ni pour les nouvelles valeurs de la Marianne de Lamouche.

Il souffre certainement d'un manque de communication : la presse philatélique ne se fait pas l'écho de ces documents, présenter les illustrations avec l'annonce des nouveautés ferait beaucoup pour populariser cet document (mais La Poste diffuse-t-elle cette information ?).

L'achat auprès de La Poste de ces documents est une très mauvaise affaire financière. Le prix de vente de ces documents est actuellement entre 5 et 10 euros. Or ils se revendent très mal dans les bourses même à un prix compris entre 0,30 et 1 euro ! Le fait qu'ils soient très sur-cotés dans certains catalogues provoque d'immenses déceptions quand un collectionneur désire revendre 10 ou 20 ans de document et s'aperçoit des prix d'achats qu'il peut espérer (auprès d'autres collectionneurs, les marchands n'en veulent pas !).

Mais il suffirait d'un frémissement pour que tout change : les tirages ne sont après tout que de l'ordre de celui du bloc rouge-gorge, donc il suffirait qu'un faible pourcentage des philatélistes s'intéresse aux DPO pour que le marché s'inverse... Mais pour cela il faut mettre en avant ce document !

La taille-douce classique est-elle meilleure que la taille-douce électromécanique et la GAO ?

La réponse du point de vue artistique est clairement oui ! Le talent des graveurs fait toute la différence : un trait sûr, une maîtrise des profondeurs des tailles,... En taille-douce électromécanique un trait est un ensemble de petits points sérés, d'où un résultat à priori plus flou mais en pratique nettement meilleur qu'aux débuts de cette technique (sans doute du à une plus grande finesse de la pointe de diamant qui vient percuter le métal cassant de la virole). La profondeur des traits est uniforme : un problème induit est qu'elle impose des tailles d'une certaine largeur, alors que le graveur peut faire des tailles plus fines (et moins profondes).

D'ailleurs, le TVP Marianne de Luquet RF et le TVP Marianne de Lamouche existent en taille-douce classique, parce que la Semeuse de Roty-Jumelet et la Marianne de Dulac-Larrivère dont ils partageaient un carnet ne donnaient pas de bon résultats en taille-douce électromécanique.

Mais si c'est vrai dans l'absolu, ça ne l'ai pas forcément dans la pratique. La Marianne de Lamouche (ou Marianne des Français pour utiliser la terminologie officielle) n'a pas nécessité une gravure subtile. Même la Marianne de Luquet (ou Marianne du 14 juillet) n'a pas un aspect particulièrement plus mauvais quand les viroles sont confectionnées par la méthode électromécanique par rapport à la méthode mécanique. La Marianne de Briat, au contraire, avait un aspect dégradé dans sa version numérique, sans doute à mettre sur le compte de la première génération de machine à commande numérique utilisée ; le modèle OHIO était en fait destinée à la confection des cylindres pour l'héliogravure.

La GAO (utilisée ici pour la vignette à droite)
et la confection électromécanique des cylindres
ont permis cette émission dans des délais extrèment cours.
Le graphisme à droite ne nécessitait pas le talent d'un graveur

De plus, on peut supposer qu'à plus ou moins long terme cette technologie encore jeune s'améliore d'avantage : une pointe de diamant plus fine, une gestion de la profondeur des tailles en fonction de leur largeur voire une numérisation en 3 dimensions du poinçon gravé par l'artiste pour que la profondeur des tailles soient restituée.

Une logique industrielle

La Poste est une entreprise, publique certes, mais une entreprise non subventionnée par l'Etat qui doit à minima équilibrer ses comptes (et donc a un objectif de bénéfices). Elle se modernise pour faire face à la concurrence qui sera bientôt totale.

Les abonnements aux nouveautés chutent, donc les rentrées d'argent que lui rapportent la thésaurisation des timbres neufs diminue (elle a en plus à supporter le coût de l'utilisation des timbres émis il y a des années et qui se retrouvent sur le courrier). Or c'est l'argent dépensé par les philatélistes sans contrepartie de service postal qui lui permet de financer la réalisation de timbres de collection bien plus coûteux que les Marianne ! Comme elle a moins de recettes, elle doit diminuer ses coûts de production : l'héliogravure et l'offset coûtent moins cher. La taille-douce électromécanique coûte moins cher que la taille-douce classique. On peut supposer que le coût de réalisation des viroles en taille-douce électromécanique est similaire à celui de réalisation des viroles en héliogravure, après tout c'est la même machine OHIO qui a put servir dans les deux cas !

Donc d'un point de vue industriel, le choix de la taille-douce électromécanique n'apparaît sans doute pas comme disproportionné comme l'est le choix de la taille-douce classique. Ce qui veux dire que la taille-douce électromécanique peut sauver la taille-douce, parce que le choix de ce procédé relève alors d'un choix artistique, là où la taille-douce classique peut ne pas être choisie seulement sur des critères financiers : la taille-douce traditionnelle peut être rejetée sans examen à cause de son coût.

Pourquoi imprimer en taille-douce ?

La première raison du choix de cette technique d'impression est son aspect sécurisé : un timbre en taille-douce ne peut être confondu avec un autre type d'impression, il y a un relief caractéristique. La taille-douce n'est pas un procédé d'impression répandu, en dehors des imprimeries spécialisées dans l'impression sécurisée (billets de banque, titres restaurants, billets de spectacles,... et timbres-poste !) il n'y a pas d'imprimeries dotées d'un outillage industriel en taille-douce. Le fait qu'il s'agissait - avant l'apparition de la taille-douce électromécanique - d'un procédé imposant une gravure manuelle rendait aussi la reproduction difficile : il fallait qu'un autre graveur (et c'est un talent rare) reproduise le plus fidèlement possible le travail du graveur d'origine. Il est quasiment inévitable que des différences mineures apparaissent dans la gravure.

Encore faut-il que le timbre ait besoin de cette sécurité : ce n'est guère le cas des commémoratifs, que la courte durée de vie et la diffusion plus difficile et moins discrète protègent déjà efficacement contre la contrefaçon. C'est le cas des timbres d'usage courant et en particulier du plus diffusé (celui de la lettre simple intérieure, le TVP actuellement). Mais ces timbres ne sont pas toujours assez complexes du point de vue de la gravure pour que la taille-douce soit une protection efficace : la Marianne de Bequet, la Marianne de Briat ou la Marianne de Lamouche ne répondent pas à cet objectif (d'ailleurs, la Marianne de Briat a connu de nombreux faux). Les contrefaçons sont identifiées plus par rapport à leur dentelure, leur marquage phosphorescent ou leur papier que par leur impression.

Le choix de la taille-douce est aussi artistique : ce procédé permet de faire des timbres qui restent magnifiques agrandis (on peut parfois les apprécier davantage comme cela !), et dont le relief donne un toucher particulier. Mais il y a des inconvénients, comme un nombre de couleur limité et des couleurs qui ne se mélangent pas, on obtient une approximation des à-plats en faisant des lignes entrecroisées.

Les inconvénients de la taille-douce peuvent disparaître quand ce procédé est combiné (en particulier avec l'offset). On a le meilleur des deux mondes, les couleurs éclatantes (et éventuellement combinées) de l'offset et la précision du trait de la taille-douce. L'utilisation de papiers couchés donne aussi de bons résultats, il faut saluer l'imprimerie de Périgueux qui a généralisé l'utilisation de ces papiers pendant la fin des années 1990 et grandement amélioré le rendu de ses productions en taille-douce.
TVP vert Marianne de Lamouche (avec un petit décalage de dentelure)
Le cylindre d'impression n'a pas été gravé mécaniquement,
il semble que la presse TD215 "Epikos" utilise un procédé photo-chimique.
Le résultat est très bon, le papier utilisé y est également pour beaucoup !

Par contre, il semble que le choix d'autres procédés soit artistique ou plutôt marketing : le timbre doit se voir, intégrer la modernité nourrie de photographie, d'affiches, de couleurs. Ce choix est discutable, on peut regretter que La Poste ne choisisse jamais par exemple la taille-douce pour les timbres semi-permanent dont la vocation est d'aller vers le grand public. Le timbre se banalise en objet courant, il perd son côté exclusif (que la taille-douce renforce) en adoptant les codes et l'esthétique ambiante.

Conclusion

On peut le regretter, mais l'avenir de la taille-douce dans la philatélie française n'est pas forcément lié à celui des graveurs de timbres-poste. Ces derniers ne sont plus indispensables ; même si leur travail est supérieur à ce que produit les machines, ces dernières produisent un résultat d'une bonne qualité tant qu'on ne regarde pas le timbre à la loupe. Son développement répond à la logique financière de La Poste, représente le progrès technique : il semble inévitable.

Il faut aussi réhabiliter le document philatélique officiel ou inventer de nouvelles présentations : le DPO ne touchera jamais le grand public, là ou par exemple des produits de carterie pourraient le faire : imaginons par exemple des encarts avec une illustration taille-douce et un timbre-poste oblitéré premier jour, inséré avec une feuille de correspondance dans un PAP illustré (en prolongeant l'idée des timbres du quotidien : voeux, anniversaires, ...). Car n'oublions pas que le timbre ne représente depuis longtemps qu'une minorité de l'art de la gravure dans la philatélie française.

La balle est dans le camp de La Poste mais aussi des philatélistes qui peuvent envoyer un message à La Poste en choisissant de préférence les timbres en taille-douce et en achetant les produits artistiques de La Poste, mais aussi de la presse philatélique qui peut faire davantage pour mieux exposer les diverses créations en taille-douce et en particulier le document philatélique officiel.