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05 avril 2008

Etats Généraux de la Philatélie : autres échos

Les comptes-rendus des Etats Généraux de la Philatélie continuent (un peu) à figurer sur la toile. Des vidéos sont annoncées sur TVTimbres et sur le site de la FFAP (attendons un peu...).

Pierre Jullien sur son blog, fait aujourd'hui une série de billets sur le sujet.

Les Etats généraux du 2 avril, premiers échos

(...) tout le monde a semblé comprendre que ces Etats Généraux étaient des Etats Généraux de la Philatélie… et non de La Poste.
La Poste étant l'organisatrice, ce n'est pas étonnant ! Mais soyons juste, La Poste n'est pas le seul acteur de la philatélie, les premiers acteurs sont les philatélistes !
F. Eslinger imaginait un programme de timbres "d’Etat", classiques, demandés par la politique, qu’elle opposait aux timbres du quotidien, aux timbres médiatiques et au timbre marketing ou logo du type Montimbràmoi.
Confirmation de la volonté de La Poste de s'affranchir du carcan du programme philatélique. La tendance n'est pas à la réduction des émissions philatéliques, tout au contraire !

Etats Généraux de la Philatélie, quelques photos…
(...) au prochain congrès de l’UPU allait être mis aux votes la décision que l’opérateur majeur du courrier (en charge du service universel), dans chaque pays, serait seul autorisé à faire figurer le nom du pays émetteur sur ses timbres.
L'image que l'on a d'un timbre-poste, c'est morceau de papier sur lequel figurent une illustration, un pays, une valeur faciale, des dents, une mention poste. La mention du pays est un fait politique, au même titre que la monnaie, émettre des timbres est vu comme une caractéristique régalienne. Ne parle-t-on pas de "pays philatéliques" pour désigner tous les émetteurs de timbre. La mention du pays sur les timbres français a souvent fait l'objet de débat dès qu'elle n'était pas "République Française".

Pour beaucoup de collectionneurs, un timbre qui n'est pas émis par l'Etat est une vignette, pas un timbre. Et pourtant dans un contexte où La Poste n'est plus le seul opérateur du courrier, mais une entreprise soumise à la concurrence, il est naturel que la concurrence s'exerce aussi sur la production de timbres-poste. Les opérateurs locaux, nationaux ou internationaux devraient logiquement privilégier leur marque commerciale, mais le nom du pays est aussi dans ce cas une indication tarifaire : "valide à partir de tel pays". Il semble donc impossible d'interdire la mention du pays sur les timbres !

… EGP, quelques photos, suite…
EGP, quelques photos, suite…
L’élargissement de l’offre en timbres offrira davantage de timbres, et stimulera la philatélie.
Difficile de dire à partir de ce billet si cette phrase se rapporte aux émissions des nouveaux opérateurs postaux, à l'augmentation des émissions de La Poste, ou au fait qu'internet permet paradoxalement d'accéder à plus de timbres, notamment via les sites d'enchères, les forums, ou les sites marchands des opérateurs postaux qui permettent d'acheter directement à la source. On regrettera d'ailleurs que beaucoup de postes n'offrent un site que dans leur langue d'origine, voire ne proposent pas d'expédier à l'étranger.

Etats Généraux de la Philatélie, photos…
Cette table ronde aborde la nécessité pour la philatélie de bénéficier d’une émission de télévision. Françoise Collomb (Carrère Communication) explique que cela n’est pas possible sur le modèle des émissions de TV d’antan, du temps de Jacqueline Caurat… à moins d’y mettre des moyens dont ne dispose pas la philatélie.
Voilà qui est clair, La Poste ne financera pas d'émission sur les timbres à la télévision.
"MontimbràMoi" : est-ce de la philatélie ou de la vignette ?
Bonne idée de billet !

Etats Généraux de la Philatélie, photos…

Il semble que le débat autour du "beau timbre" ait été animé. Il faut dire que :
1) La Poste désigne par "beau timbre" les timbres commémoratifs (autre mauvaise terminologie, des philatélistes cette fois). Or il y a de nombreux "beaux timbres" moches, et quelques Marianne très belles !
2) La question "qu'est ce que le beau" est une question philosophique, dont les réponses tiennent dans des livres entiers...

Pour Arnaud de la Mettrie, parler de beau timbre "dépend de son centrage, de la qualité de sa dentelure, de son état… de critères techniques et non pas subjectifs ou sentimentaux.". Une certaine conception de la collection de timbre tournée vers la fabrication et l'utilisation du timbre et non pas par ce qu'il représente.

Pour moi, un beau timbre, c'est un timbre qui permet de faire belle collection, et ce peut-être un timbre moche !

Etats Généraux de la Philatélie, clôture…

C'est fini, mais des suites sont prévues...

Le site des EGP reste muet, il ne semble pas y avoir de mise à jour de prévue.

04 avril 2008

Etats Généraux de la Philatélie : premiers échos

MonTimbàMoi des EGP, oblitéré du timbre à date spécial
du 2 avril 2008 utilisé uniquement sur le souvenir.
Le numéro de série du timbre est le "802 1" (?).

Les Etats Généraux de la Philatélie se sont tenus le 2 avril, les premiers échos sont sur la page actualité de Timbres Magazine, juste en dessous l'annonce de la découverte d'un non-émis du bloc jardin 2004. Un reportage photo est disponible sur le site de la FFAP, avec notamment des dessins humoristiques très réussis et une Semeuse au naturel (il faudra que je vous montre le timbre personnalisé que j'avais réalisé avec cette photo !).

Les sites à surveiller pour d'autres compte-rendus :
- La Société des Amis du Musée de La Poste
- L'Echo de la Timbrologie
- Et peut-être, le site des EGP.

Il ne semble pas y avoir eu d'annonces, ni de décisions, prises pendant ces EGP.

La principale préoccupation de La Poste est naturellement l'ouverture totale du marché en 2011 : elle s'interroge sur ses obligations, en particulier sera-t-elle toujours sous la dépendance de l'Etat pour le programme philatélie, est-ce que ses nouveaux concurrents seront-t-ils tenus aux mêmes obligations (c'est ce que je lis sous "L'ARCEP (autorité de régulation) va-t-elle inclure la philatélie dans ses missions de régulation " des postes " ?").

Une préoccupation méconnue des philatélistes, ce qui semble préoccuper La Poste !

Le "sondage" ne m'est pas inconnu, il a sans doute été passé sur la boutique Web du Timbre. Je me souviens avoir répondu à la question "Genre de timbres collectionnés" par "Raretés Philatéliques" faute de mieux.

Quand à l'avenir de la philatélie, 47% seraient sereins, et 47% inquiets ! Je suis du même avis : je suis serein l'avenir de la philatélie, mais inquiet sur la philatélie en tant que loisir de masse.

Une émission de télévision consacrée à la philatélie est jugée inutile par au plus 25% des sondés, 75% la jugeant utile voire indispensable. Alors, à quand une émission sur les timbres et la philatélie ?

30 mars 2008

Interview de Dominique Schmauch dans l'Echo de la Timbrologie

Après Pierre Jullien dans Timbres Magazine, c'est Dominique Schmauch qui se prête au jeu de l'interview dans l'Echo de la Timbrologie. Rappelons que l'Echo n'est plus disponible en kiosque, mais sur abonnement, sous forme électronique et dans les espaces Yvert et Tellier.

Dominique Schmauch est l'un des animateurs des Etats Généraux de la Philatélie. En fait, sa société participe à l'organisation des EGP ; il est "spécialisé dans le leadership et le management de la transition".

On lira avec intérêt les commentaires d'Olivier sur son blog Les News du Pho. Je partage largement son avis sur les cabinets d'audit... La principale "qualité" de ces cabinets est d'aller dans le sens de leur commanditaire, ici c'est La Poste.

Cette interview contient... beaucoup de vide.

Trop de timbres, du sujets sans intérêts ? "Il y a toujours eu un certain nombres de critiques sur le type d'émissions et le choix des timbres". Bref, les philatélistes sont des râleurs, ils ont toujours râlés : on peut donc continuer d'ignorer leurs griefs.

"Les EGP sont l'occasion de mettre à la discussion des résultats d'enquêtes faites auprès de centaines de personnes (...) la vision (...) est plus contrastée que lorsqu'on ne prend en compte que quelques courriers ou quelques auditions". Bref, les sondages, c'est bien et c'est un outil fiable. Continuons donc d'ignorer les philatélistes.

Il émet une idée intéressante à première vue : "les enfants n'apprennent plus seulement des parents, qu'ils ne prennent plus comme exemple (...) mais ce que font leurs copains ou des gens un peu plus âgés". En y réfléchissant un peu, ça c'est toujours passé comme ça non ?

On en revient également au fait qu'il est très important que les enfants collectionnent les timbres. C'est sans doute vrai, mais éphémère dans la plupart des cas. Il vaudrait mieux se poser la question de comment intéresser les adultes et en particulier les jeunes retraités : en plus, économiquement la cible est plus intéressante ! Et ensuite, comment faire découvrir d'autres façons de collectionner aux amateurs de nouveautés.

La Poste devrait également se poser la question : est-ce en s'aliénant ses clients (ses abonnés) qu'elle parviendra à développer la philatélie ?

J'ai également relevé 2 passages sur la numismatique : "nous avons interviewé le patron de la monnaie qui rencontre des questions un peu similaires puisqu'il a aussi affaire à des collectionneurs, que la monnaie change, etc." et "internet est encore peu utilisé dans le domaine du timbre, alors qu'il l'est dans le domaine de la monnaie et des médailles".

Je suppose qu'il s'agissait du patron de la Monnaie de Paris : la politique d'émission de la Monnaie de Paris est l'exemple à ne pas suivre par Phil@poste. Globalement, l'offre se décompose en deux :
1) Les pièces courantes : un boitier BU tous les ans (brillant universel) regroupent sous un packaging protecteur les pièces émises chaque année. Leur intérêt est double : fournir des pièces en qualité parfaite (Fleur de coin) et ces boitiers ont souvent l'exclusivité de certaines pièces (voire toutes !) pour le millésime en question. Il faut savoir que les conditions de fabrication et de distribution font qu'il est quasiment impossible de trouver les pièces dans un état parfait, cette distribution répond donc à un besoin des numismates, qu'ils payent dix fois la faciale : cette année, 31 euros pour 3,88 euros. C'est la seule offre achetés par la plupart des collectionneurs.
2) Les pièces commémoratives : il y a d'abord une version de luxe du boitier des pièces de l'année, avec une méthode de fabrication spéciale, c'est le boitier "belle épreuve". Les pièces sont fabriquées sur des flans polis, et la frappe est au contraire matte ("sablée"), les inscriptions se dégagent donc parfaitement. Il y a ensuite des sujets variés, dont une bonne partie avec des sujets tournés vers l'exportation. Les prix des ces pièces sont très supérieurs à leur faciale, elles ne circulent donc jamais. Leur tirages vont de quelques dizaines à quelques dizaines de milliers d'exemplaires, pour des faciales de 0,25 euro à quelques dizaines d'euros et des prix d'une trentaine d'euro à des milliers d'euros. Ce ne sont des pièces de monnaie que par leur faciale, il s'agit d'avantage de médailles !

Si on appliquait ce même principe aux timbres, on aurait uniquement dans les bureaux de poste des Marianne avec des dents manquantes, une série spéciale de Marianne chaque année en parfait état, et des timbres inutilisables sur le courrier parce que vendu systématiquement avec des surtaxes de dizaines (voire milliers) d'euros !

Le résultat est là d'ailleurs : personne ou presque ne collectionne les monnaies commémoratives, comme personne ou presque ne collectionnait systématiquement les non-dentelés ou les épreuves de luxe.

La numismatique est-elle plus présente sur le Web que la philatélie ? Ce n'est pas mon impression, et pourtant je m'intéresse aussi à la numismatique à travers la Semeuse. Par exemple, je n'ai pas trouvé de forum francophone public et actif sur la numismatique, alors qu'il en existe au moins 3 sur la philatélie : le newsgroup fr.rec.philatelie, celui du site Delcampe, et celui de Philatelistes.net.

"Une des évolutions considérables du monde aujourd'hui est le principe de la mise en réseau". Bref, Dominique Schmauch évoque comme solution le Web 2.00 et les réseaux sociaux. Ce sont les mots à la mode du moment... En résumé, il s'agit des sites où les particuliers produisent du contenu, et où les visiteurs peuvent interagir. Comme un blog par exemple ;-)

Les États Généraux de la Philatélie ont lieu ce mercredi 2 avril. Il n'est pas très clair de savoir s'il s'agit d'une première étape ou d'une fin en soi. S'agit-il de poser les problèmes ou d'annoncer les mesures ?

Le forum des EGP doit fermer le 2 avril également. Le site des EGP est une grosse déception, même si j'en attendais peu.

Il est quasiment vide, aucun des sondages, des études, ... n'a été publié.

Le forum souffre d'une modération désinvolte : nombreux messages refusés sans explication, messages acceptés avec de grands retards (dans la journée serait un minimum, une fois par jour tolérable, une fois toutes les quelques jours (voire semaines...) c'est un manque de professionnalisme. Bref, un contre-exemple de l'internet au profit de la philatélie, un endroit où la mise en réseau des philatélistes ne s'est pas produit.

Pour terminer sur une note optimiste, il faut souligner que la philatélie a toujours été en mutation, et c'est très bien comme ça.

La façon actuelle (majoritaire) de pratiquer la collection de timbres, c'est d'acheter les nouveautés de France, de les ranger dans des feuilles d'albums pré-imprimées, de compléter avec les émissions hors abonnement (via les clubs, le SPP ou les négociants), et de compléter par des émissions anciennes.

Trop de timbres ? Les collections se sont de plus en plus spécialisées. C'est la voie naturelle que va continuer de prendre la philatélie. Comme pour l'évolution, les espèces meurent, naissent et évoluent, par exemple :
- Le collectionneur mondialiste (avec l'objectif de tout avoir ou presque) a disparu.
- Le collectionneur d'empreintes de machine à affranchir est apparu (donc même si le timbre tel qu'on le connait disparait, la philatélie continue).
- Le collectionneur mondialiste existe encore, mais avec un angle pour sélectionner les émissions : thématique souvent, parfois technique : carnets, timbres de distributeurs, timbres autocollants, timbres personnalisés, etc..

L'Art du Timbre Gravé propose une solution finalement très similaire à celle de la pratique majoritaire actuelle de la philatélie : uniquement les timbres en taille-douce, avec une ouverture sur toute la production européenne, et les albums qui vont avec ; mais sans les inconvénients de la production de La Poste :
- en nombre d'émissions ;
- en choix des émissions (les sujets "modernes" sont rarement traités en gravure) ;
- en variété des présentations (essentiellement des timbres dentelés en feuille).
Le changement dans la continuité donc.

17 mars 2008

Leur Timbre à eux des EGP

MonTimbraMoi des Etats Généraux de la Philatélie

Pierre Jullien nous évoque les Etats Généraux de la Philatélie à travers un "MonTimbraMoi" édité par La Poste pour les invitations aux EGP : tirage d'environ 2000 exemplaires !

En fait, le tirage réduit implique sans doute une fabrication "standard", contrairement à celui affranchissant une lettre pour les meilleurs voeux 2008.

Reste l'aspect officiel, l'aspect historique pour la philatélie.

Je trouve dommage que La Poste s'expose à des critiques pendant les Etats Généraux de la Philatélie !

Enfin, j'ai écris à Pierre Jullien pour lui en demander un !

Mise à jour : ça n'a pas marché !

16 mars 2008

Pierre Jullien sur TVTimbres

Pierre Jullien (son blog), un des 2 animateurs des États Généraux de la Philatélie s'exprime sur TVTimbres à cette page.

03 février 2008

MonTimbraMoi : dérives à l'étranger !

























Ces quelques exemples de timbres ont été émis par la poste autrichienne, ce sont des timbres personnalisés similaires au produit "Montimbramoi" de La Poste en France (en fait, le principe avait été adopté auparavant par la poste autrichienne) : les sujets sont les médaillés des jeux de Turin 2006, Noël, ... Il y en a beaucoup d'autres !

Mais il ne s'agit pas de timbres personnalisés tout à fait comme les autres : ce sont des productions officielles de la poste autrichienne, faites en supplément des timbres émis normalement.

En fait, je rebondis sur un message posté par Bernard (le 3 janvier !) sur le site des Etats Généraux de la Philatélie, qui montre le danger de la mise en place d'un véritable programme philatélique parallèle, orienté vers l'actualité et décomplexé (personnalités vivantes, événements cinématographiques et sportifs, ...).

Un timbre, ce sont des mentions légales (pays, émetteur : La Poste, faciale) et des mentions accessoires (l'illustration). Dans le cas d'un MonTimbraMoi, le timbre, ce sont juste les mentions légales. L'illustration est accessoire, elle est privée. Il y en a déjà pas mal, entre les faciales, les formats, et les couleurs.

Mais quand c'est la poste qui imprime un sujet qu'elle choisit, son statut devient semi-officiel voire officiel. Quand elle utilise le timbre personnalisé comme n'importe quelle entreprise, ce n'est pas un problème malgré le statut particulier de ces timbres.

Mais quand elle imprime pour les vendre aux philatélistes ou au grand public des sujets qu'elle choisit, ce n'est pas la même chose.

D'autant plus que techniquement, il peut s'agir d'une seule impression (et non d'un ajout sur un timbre personnalisé), et cela change tout : d'un ensemble MonTimbrAmoi + personnalisation, on a un timbre, un nouveau timbre à part entière, qui partage juste avec le MonTimbrAmoi une mise en page. Ce qui peut tout changer aussi, c'est que La Poste peut avoir des conditions qu'elle ne propose pas par ailleurs : plusieurs images sur un même feuillet, présentations particulières, ...

En allant jusqu'au bout du concept, il est possible de n'émettre que des timbres respectant la mise en page des MonTimbraMoi.

La poste autrichienne n'est pas la seule à agir ainsi (je pense à la poste australienne, mais ce ne doit pas être les seules postes).

La poste française a déjà montré des tendances dans cette direction : le bloc "J'aime Paris", les feuillets meilleurs voeux, fête de mères ou Saint Valentin en 10 langues, les blocs autocollants Fête du Timbre...

23 décembre 2007

Etats généraux de la philatélie

Le site des Etats Généraux de la Philatélie a été mis en ligne par La Poste, suite à la lettre de Nicolas Sarkozy, rappelons l'extrait en question :

Deuxièmement, je propose qu'elle organise les "états généraux de la philatélie" destinés à engager un débat avec l'ensemble du monde philatélique. Ces états généraux devront, en particulier, définir précisément, d'une part ce qui doit appartenir au programme philatélique, qui fait l'objet d'un arrêté ministériel et se traduit par des timbres émis en quantité raisonnable, et d'autre part ce qui n'est que du timbre d'affranchissement, sans nature institutionnelle comme par exemple, les timbres à message du type "meilleurs voeux".
Les états généraux vont se dérouler en plusieurs étapes.

1) Les thèmes de réflexion (9/11/07 au 20/3/08)

Thème 1 : faire un état des lieux du marché de la philatélie aujourd’hui.
On commence donc par parler affaires...

On distingue habituellement 4 acteurs
- La Poste ;
- Les philatélistes (représentés par les associations) ;
- Les négociants ;
- La presse philatélique.

On constate que La Poste concurrence de plus en plus les autres acteurs :
- Création d'un "club des collectionneurs de La Poste" (Timbres plus).
- Dépense élevée chaque année si on veut être "complet" à cause des productions "annexes" de La Poste, diminuant d'autant le budget des collectionneurs.
- Le nouveau mode d'abonnement aux nouveautés s'accompagne de timbres déjà classés, et d'autre part La Poste propose les "livres des timbres de l'année", cela au détriment des ventes de fourniture des négociants (et donc des fabricants).
- Phil'info et son jumeau (dont je ne ma rappelle pas le nom) s'attaquent à la presse philatélique avec l'annonce des nouveautés françaises et des commentaires sur les sujets.

Bref, La Poste fragilise l'ensemble du marché par sa politique commerciale.

Bien sûr, c'est plus compliqué que cela. Ainsi certains négociants ont largement profité de la politique d'émission de La Poste : par exemple en ayant acheté des souvenirs philatéliques à la faciale, soit en revendant des timbres personnalisés ou autres "produits spéciaux". C'est aussi le cas de certaines associations ayant des responsables "nouveautés" très motivés.
Thème 2 : quel avenir pour la philatélie compte tenu des évolutions règlementaires, sociologiques et technologiques ?
C'est un fait, le timbre-poste est de manière générale bien moins utilisé que par le passé : le téléphone et internet permettent de s'en passer le plus souvent ; il n'est tout simplement plus dans la culture des jeunes générations d'écrire des lettres, même si l'écriture en elle même (via les touches d'un téléphone ou le clavier d'un ordinateur) a sans doute tendance à se développer avec les SMS, les messageries instantanées ou l'email.

Pour moi, internet a développé considérablement ma consommation de timbres : pour envoyer mes chèques (avec retard...), mais surtout pour les lettres ou colis que je reçois (achats philatéliques, les autres utilisent des alternatives au timbre).

Je pense que le timbre restera le moyen le plus pratique pour affranchir son courrier : facile à utiliser (encore plus avec les autocollants, même si ces pré-découpes me retardent, c'est parfois compliqué d'éviter d'abimer le timbre...), facile à transporter (avec leur format carte bancaire). Je ne vois pas d'autre moyen plus pratique pour les envois de moins de 20g. Mieux, il faudrait qu'ils soient utilisables pour simplement : avec une réforme des tarifs postaux pour diminuer le nombre d'échelons de poids, et que les tarifs soit des multiples du tarif de base : certains pays l'ont déjà fait.

En 2011, avec la libéralisation totale du courrier, il y a fort à parier que les concurrents de La Poste vont eux aussi émettre des timbres. C'est une révolution annoncée, on ne sait comment vont réagir les éditeurs de catalogue (qui sont prescripteurs).
Thème 3 : quel rôle doit jouer La Poste ?
Mon opinion est simple : La Poste ne devrait pas s'occuper de philatélie. Elle devrait émettre une quantité raisonnable de timbres pour l'affranchissement, sans multiplier les présentations (et en évitant tout particulièrement les produits destinés spécifiquement aux philatélistes) et en évitant les formats incollectionnables (formats trop grands des bloc-feuillets en particulier, insertion de blocs dans les livres, ...).

Les récents "Montimbramoi" sont un exemple de ce qu'il faut éviter. Pas tant sur le principe (2 formats horizontal/vertical, 3 tarifs), mais sur la présence de 2 couleurs différentes (une pour les feuillets de 10, une pour les feuillets de 30), d'autant plus que la couleur doit changer plusieurs fois par an... Il s'agit manifestement d'une manoeuvre destinée à faire commander les collectionneurs plusieurs fois par an...
Thème 4 : quel avenir pour la lettre ?
Si le colis ne semble pas menacé, à moyen terme la diminution des lettres devrait continuer... C'est l'évolution depuis l'invention du téléphone, les mobiles et internet ne faisant qu'accentuer cette tendance : j'ai du mal à croire que l'on puisse aller contre...

2) La commission (10/11/07 au 10/3/08)

La commission (Pierre Jullien et Pierre Morville) va écrire le rapport final, à partir d'études et d'interview, et à partir du forum dédié sur le site.

Pierre Jullien est bien connu des philatélistes (ancien du Monde des Philatélistes et de Timbres Magazine) qui peuvent le retrouver dans sa chronique philatélique hebdomadaire du Monde et sur son blog.

Pierre Morville est actuellement chargé de mission chez France Telecom, c'est aussi un syndicaliste à la CGC (à moins d'un homonyme...), il a fait de la communication de crise sur le Gaucho (accusé de tuer les abeilles).

3) Le forum sur internet (20/12/07 au 20/2/08)

Les inscriptions étaient ouvertes, je n'ai jamais reçu mon identifiant, mais maintenant cela semble fonctionner à peu prêt.

Il s'agit pour les particuliers de "s'exprimer sans tabou, sans arrière-pensée sur la nécessaire évolution du loisir de la collection de timbres et de la philatélie."

La parole est donc aux internautes philatélistes !

Qu'attendre de ces états généraux ?

Comme le souligne Claude Jamet, c'est La Poste qui mène la danse. Je suis perplexe, je pense que le but de cette consultation est de rendre La Poste plus libre dans ce qu'elle peut émettre, avec quelques aménagements mineurs (comme l'augmentation du nombre de timbres en taille-douce).

Je n'ai pas de solution miracle pour que la philatélie se développe, je ne pense pas qu'il y en ait.

Je rencontre surtout 3 types de collectionneurs :
- les personnes sensibilisées au timbre, qui ont une petite collection faite des timbres récupérés sur le courrier par eux ou des connaissances, des timbres achetés à l'unité à La Poste. C'est ainsi que l'on commence.
- les collectionneurs abonnés à La Poste, qui cherchent à remonter dans le temps.
- les collectionneurs spécialisés.

Les premiers sont importants, car ce sont ceux qui peuvent devenir les philatélistes de demain.

Les deuxièmes sont les seuls qui intéressent réellement La Poste, qui dans son langage parle de "philatéliste" pour désigner les abonnés aux nouveautés (je ne suis donc pas philatéliste !). Ils intéressent aussi les marchands locaux, les fabricants de matériel philatélique, les éditeurs. Une partie adhère à des associations philatéliques, dont la plupart est à la fédération.

Les derniers sont ceux qui intéressent les marchands spécialisés (ceux qui vendent par le biais de ventes sur offre ou à prix nets en particulier).

Comment devient-on collectionneur de timbres ?

Il faut avoir le gène collectionneur, et donc apparemment un problème psychologique :-)

Et il faut le motif et l'occasion !

Le motif est varié, je définirais 3 catégories de collectionneurs :
- Les thématistes : c'est à travers le sujet qu'il est amené à la collection. Ils aiment les chats, les chevaux, l'histoire, une région, ... et c'est cet intérêt qui l'amène au timbre.
- Les esthètes : un timbre, cela peut être une oeuvre d'art, ou reproduire une oeuvre d'art.
- Les puristes : ils aiment le timbre pour comment il est fabriqué, à quoi il sert. C'est la même démarche pour ceux qui s'intéressent à d'autres catégories d'objets postaux (marques postales par exemple).

Quand à l'occasion, c'est souvent un courrier reçu ou un timbre offert.

Donc pour amener au timbre, il faut des timbres susceptibles d'intéresser, beaux, et servant sur le courrier !

Il ne faut pas :
- des sujets qui ne pourront pas faire de beaux timbres (exemples 2006 : l'intégration, la fondation La Poste, la mémoire partagée, ...).
- des présentations inutilisables (bloc la France à voir, ou les timbres Spirou qui devraient tous être au tarif de la lettre intérieure).
- des traitements de sujet qui laissent indifférents (tient, le bloc la France à voir avec son esthétique banale de carte postale).

Ca va dans le bon sens (à mon avis) :
- les timbres anniversaire, meilleurs voeux, vacances, ... idéaux pour les envois de cartes d'anniversaire, de meilleurs voeux, ou en vacances ! Je sais que les philatélistes ne sont pas d'accord !
- le carnet sourire, c'est amusant.
- le grotte de Rouffignac, Constantin Brancusi, les machines volantes. Il en faudrait plus !

Ensuite, il ne faut pas s'aliéner les abonnés. Les timbres semi-permanent, par exemple, ne plaisent pas aux esthètes ni aux collectionneurs de sujet. Ce sont des timbres utilitaires "à message", il rendent d'autres services. Mais pourquoi s'agit-il d'une série à chaque fois et non pas d'un seul timbre, et pourquoi sont-ils déclinés sous autant de présentations ? Est-il nécessaire de les émettre tous les ans ?

Les divers émissions "spéciales" de La Poste sont aussi un point de crispation. Il y avait un service pour les télécartes : tout était disponible pour les collectionneurs, y compris les tirages privés. Ce loisir a quasiment disparu, à cause des émissions pléthoriques et par l'obsolescence de ces cartes (à cause des téléphones portables : le collection des cartes de recharges des portables n'a pas pris le relais).

Pour que le timbre soit visible, le mieux est qu'il soit utilisé. Mais c'est la télévision, la presse et internet qui sont les médias les plus vus... Une émission sur la philatélie financée par La Poste (c'est cher, elle est la seule capable de le faire) est une nécessité si l'on veut que la philatélie soit "grand public". Il faut noter l'initiative dans ce sens de Timbre Magazine, mais l'audience est à peut prêt limitée aux lecteurs de ce magazine (à voir l'interview de Jacques Bidet, un ancien collègue d'Aphilacart qui possède une merveilleuse collection sur Heny Cheffer, même si le collectionneur est encore plus passionnant en vrai !).

23 octobre 2007

Sarkozy parle aux philatélistes

Le président de la république est philatéliste, comme le montre les photographies à son bureau parue dans Le Journal du Dimanche et Le Point cet été, où on peut apercevoir un classeur de timbres.

Le site de la FFAP publie une lettre adressée par Nicolas Sarkozy à la presse philatélique, la lettre ouverte de Timbres Magazine n'y est peut-être pas étrangère...

En voici le contenu que j'ai retapé pour une lecture plus facile :

Cher(e)s amis philatélistes,

Je partage avec vous la passion du timbre et de la philatélie. Depuis mes plus jeunes années, j'ai pratiqué ce loisir qui est une ouverture au monde, à l'histoire et aux grands événements.

J'ai compris que beaucoup d'entre vous nourrissent des inquiétudes face à l'évolution de la philatélie en France. Je les comprend : plus de 85% du courrier est émis par les entreprises qui n'utilisent quasiment plus de le timbre et de plus en plus de Français se servent aujourd'hui de courriels, de textos ou du téléphone portable.

Je crois que le timbre peut et doit apporter, au milieu de ces mutations, la note artistique, humaniste et créative qui illumine ce geste simple d'affranchir une lettre.

Je reste persuadé que la philatélie préservera toute sa place si le timbre retient son utilité sociale et économique, liée à l'acheminement de la lettre, à sa beauté et à sa rareté. A condition aussi qu'il sache s'adapter à la culture du XXIe siècle.

Ce double défi, nous pouvons et nous devons le relever ensemble dans une nouvelle ambition philatélique. C'est pourquoi j'ai demandé à La Poste d'engager deux types d'action.

Premièrement, je souhaite qu'elle poursuive résolument l'augmentation du nombre de timbres en taille douce, pour aboutir dès 2009 à 30% d'émissions imprimées dans cette technologie.

Deuxièmement, je propose qu'elle organise les "états généraux de la philatélie" destinés à engager un débat avec l'ensemble du monde philatélique. Ces états généraux devront, en particulier, définir précisément, d'une part ce qui doit appartenir au programme philatélique, qui fait l'objet d'un arrêté ministériel et se traduit par des timbres émis en quantité raisonnable, et d'autre part ce qui n'est que du timbre d'affranchissement, sans nature institutionnelle comme par exemple, les timbres à message du type "meilleurs voeux".

La philatélie, c'est notre loisir, c'est aussi un monde d'artistes, de graveurs, de metteurs en page. Je souhaite leur rendre hommage, car illustrer des sujets parfois abstraits, créer pour chaque timbre une oeuvre originale sur une surface aussi petite, relève d'un véritable talent.

Aujourd'hui, j'ai tenu à m'adresser directement à vous car je pense fondamentalement que le timbre et sa collection sont promis à un bel avenir que nous continuerons d'inventer ensemble.

Je vous prie, Cher(e)s ami(e)s philatélistes, l'expression de mes sentiments les meilleurs.

Nicolas Sarkozy.
Une petite explication de texte s'impose (enfin, ma lecture de cette lettre !).

Le président s'est intéressé à un sujet somme toute mineur, la politique d'émission de La Poste. Ce qui du coup, en fait un problème important. C'est bon pour l'égo de ses "ami(e)s philatélistes" : nous faisons partie d'une communauté hétérogène, qui compte petits et grands, fortunés ou pas, ouvriers et intellectuels, et même un président de la république française.

Le vrai problème est posé : la philatélie, c'est d'abord le timbre (même si c'est loin de n'être que cela) ; la baisse de son usage est le réel problème de la philatélie : c'est souvent par les timbres du courrier reçu chez soi que l'on peut commencer à s'y intéresser. Sarkozy réaffirme que l'utilité du timbre est en premier "liée à l'acheminement de la lettre".

Un premier satisfécit pour les nombreux philatélistes attachés à la taille-douce : un objectif dès 2009 de 30% de timbres en taille-douce.

La distinction est faite entre les timbres "émis en quantité raisonnable" (comprendre sans un nombre d'émissions raisonnable plus qu'un tirage suffisant) et le "timbre d'affranchissement, sans nature institutionnelle".

Ce qui implique que
- D'un côté on a des timbres pour les collectionneurs, "institutionnel" (donc avec des sujets où la politique a son mot à dire).
- D'autre part ce que je qualifierais de "vrais" timbres (émis pour l'affranchissement !).

Cette distinction est déjà faite par La Poste : elle émet des timbres dentelés/gommés pour les philatélistes, et très majoritairement des timbres autocollants pour le grand public (à l'exception des blocs "portrait de ..."). La Poste a donc clairement été consultée avant pour la rédaction de cette lettre...

C'est une différence que je fais aussi, entre les timbres d'usage courant, les semi-permanents, et les "beaux timbres" faits pour les collectionneurs. J'ai une nette préférence pour les premiers, un intérêt pour les deuxièmes et souvent une certaine indifférence pour les derniers. Mais je peux comprendre que lorsque le sujet ou son aspect artistique sont l'intérêt principal pour un collectionneur, les semi-permanents soient mal perçus : un abonnement, des feuilles d'albums sans les semi-permanents auraient sans doute un certain succès.

Un bon principe de collection (à mon avis) est de privilégier ce qui n'est pas prévu pour les philatélistes. Un autre est de collectionner ce que l'on aime (ça parait évident je sais) et donc choisir parmi les émissions de La Poste.

Une discrimination officielle entre les "timbres du programme philatélique" et les timbres semi-permanents m'inquiète. Cela signifie-t-il que :
- Les 30% de taille-douce ne concerne que les timbres "pour collectionneur" sans compter les timbres "grand public" comme les meilleurs voeux, les carnet vacances, sourire, félicitations, ... ? Ce pourcentage serait atteint bien plus facilement !
- La Poste a-t-elle échangé la promesse de faire plus de timbres en taille-douce contre la possibilité de faire des timbres "grand public" sans contrôle, donc un nombre d'émission plus grand encore ?

Sarkozy n'oublie pas de rendre hommage au travail difficile de timbrifier des "sujets parfois abstraits". J'ai une meilleure solution : celle d'arrêter les interventions politiques qui décident souvent de ces sujets, qui malgré le talent des artistes, font rarement de beaux timbres (et souvent des horreurs !).

La conclusion du texte du président ressemble beaucoup à son slogan de campagne : "ensemble, tout devient possible".