15 mai 2008

Booklet pane : panneau de carnet de timbre

Sur lettre, isolé et bande de 5 avec bords de feuille
gauche et droit de carnet.

Le terme anglais "booklet pane", soit panneau de carnet, désigne une page issue d'un carnet de timbre.

C'est une collection qui n'a pas vraiment de sens dans la philatélie française : les carnets avec des pages différentes sont plutôt l'exception (une poignée de carnets composites Marianne, et le carnet sous faciale à 20,00 du 2,30 Briat avec guillochis), et la plupart des carnets peuvent être présentés ouverts sans détérioration, à l'exception notable des carnets Marianne de la confectionneuse 9 (carnets collés sur les 2 côtés et non pas pliés). Ce qui a retenu l'attention des carnets composites, ce sont les se-tenants, donc juste la paire et non pas la bande complète.

Ailleurs dans le monde, les carnets sont parfois composites, ou avec des vignettes format timbre, afin de faire un total "rond", et comportent plusieurs pages différentes. Cette page montre des exemples de panneaux de carnets américains.

Cette lettre est malheureusement d'origine philatélique. Mais il s'agit plus d'un courrier d'un philatéliste soucieux de réaliser un bel affranchissement pour un envoi de timbres, c'est donc un peu plus "nature" qu'une lettre faite pour elle-même.

J'aime beaucoup ces panneaux de carnet sur lettre, mon plus bel exemple est une bande de 4 du Coq de Decaris, les autres sont bien aussi (bloc de 10 de carnet de 20 en 0,50 Marianne de Bequet ou Liberté de Gandon, carnet du Semeuse journée du timbre 1996 sur ordre de réexpédition). Mon rêve : un carnet ouvert du 2,30 Marianne de Briat sur document nature !

14 mai 2008

Enveloppe Semeuse du catalogue Manufrance

Enveloppe "lourde" ayant contenu
le catalogue qui va s'appeler "Manufrance".
Affranchissement à 2F05
en timbres préoblitérés Semeuse :
deux paires du 45c Semeuse ligné violet,
un 25 centimes brun-jaune.
Les timbres ne sont pas collés
aux emplacements prévus.
Pseudo-timbre Semeuse dans
le carré de l'expéditeur
"adresse pour la correspondance".

Cette grande enveloppe a été utilisée pour l'envoi d'un catalogue de la Manufacture Française d'armes et cycles de Saint Etienne (future Manufrance).

Les timbres préoblitérés utilisés ont comme période d'utilisation (source catalogue Marianne) :
- 45c Semeuse lignée : émis en février 1927, retrait en janvier 1933 ;
- 25c Semeuse camée : émis en septembre 1927, retrait le 17/11/1938.

Le tarif appliqué est sans doute celui des imprimés, dans la période d'utilisation du 45c Semeuse ligné, on a (source Richardson, les tarifs postaux français) :
- tarif du 09/08/1926 : 15c de 0 à 50g, 25c de 50g à 100g, puis 20 centimes par tranches de 100g jusqu'à 3kg.
- tarif du 31/05/1933 : 15c de 0 à 20g, 20c de 20g à 50g, 25c de 50g à 100g, puis 20 centimes par tranches de 100g jusqu'à 3kg.

Cette enveloppe correspond donc à un envoi de 900g à 1 kg : soit 25c (50g à 100g) auquel s'ajoute 1F80 (soit 9 fois 100g). Il s'agit d'un imprimé du 11ème échelon du poids (tarif de 1926) ou du 12ème (tarif de 1933).

Merci à LB pour m'avoir rappelé l'existence de ces enveloppes Manufrance, et pour son aide sur les tarifs : je cherchais un tarif d'envoi en nombre, mais à l'époque les envois en nombre affranchis par des préoblitérés ne bénéficiaient d'un tarif spécial que jusqu'à 20g, malgré des timbres préoblitérés généralement émis pour les échelons jusqu'à 300g.

L'avantage pour l'expéditeur n'était donc pas tarifaire, son courrier était traité plus rapidement, les postes n'ayant pas à oblitérer manuellement les envois.

Cette enveloppe et ses timbres sont dans un état moyen, du à la fois :
- au poids de l'objet et aux conséquences du transport ;
- à la conservation de ces enveloppes rarement le fait de philatélistes, mais plutôt de personnes ayant conservé toutes ces années des catalogues dans leur emballage.

La collection des préoblitérés sur envoi est compliquée, rien ne permet d'affirmer à 100% que les timbres n'ont pas été collés après. C'est pourquoi les préoblitérés sur document revêtus de la griffe "retour à l'envoyeur" bénéficie d'un intérêt particulier.

Cependant, cet expéditeur est connu pour envoyer son catalogue dans ces enveloppes spéciales en employant des timbres préoblitérés, il est donc fort probable que cet affranchissement soit bien celui d'origine.

Bien sûr, mon intérêt pour cette enveloppe vient surtout de la Semeuse imprimée, mais il s'agit avant tout d'un document postal intéressant ; les envois lourds ou très lourds ne sont pas si communs (les grandes enveloppes ont rarement été conservées, et sont au départ moins nombreuses que les envois de moins de 20g, même si en l'occurrence ce catalogue bénéficiait d'une large diffusion).

13 mai 2008

Marianne de Spitz : une Marianne semi-officielle

Calque de la Marianne de Spitz
Second calque
Maquette de la Marianne de Spitz

La Marianne de Spitz est une Marianne non émise, proposée par André Spitz lors du concours de 1954 destiné à remplacer la Marianne de Gandon, qui verra la victoire de la Marianne de Muller (mais aussi l'utilisation du Coq de Poulain, de la Moissonneuse de Piel, puis tardivement de la Marianne de Cheffer).

Ces documents montrent le travail préparatoire de Spitz : les calques sont des dessins schématiques, utilisés pour explorer la mise en page ou des détails spécifiques. Le dessin est plus travaillé, il s'agit d'une maquette destinée à la présentation et qui servira de modèle pour graver le timbre.

C'est le graveur André Frères qui va traduire en typographie ce timbre. André Frères était graveur-retoucheur à l'atelier du timbre, et a voulu favoriser l'oeuvre de son ami en gravant le poinçon. C'est une démarche à titre privée réalisée à l'Atelier du Timbre, avec toutes ses ressources. Le projet est allé assez loin, il existe même des essais en feuilles dentelés ! (source : Marianne n°51, article de Jean-Luc Trassaert).

A suivre (bientôt), des épreuves inhabituelles et un essai de cette Marianne de Spitz.

Merci à JMB de m'avoir envoyé les scans de ce fabuleux ensemble.

12 mai 2008

Entier et timbre mobile : Pétain

Carte postale : entier postal à 1F20 Pétain
complété d'un timbre mobile de même valeur
à la même effigie, à destination de la Suisse.
Texte au dos

C'est comme cela qu'une collection commence : une carte postale sympathique, avec une belle écriture, et donc l'affranchissement est de 2 fois 1,20 :
- 1,20 le timbre imprimé sur la carte postale
- 1,20 pour le même timbre, mais en version mobile à côté.

La carte postale est "au tarif", de 2,40 pour les cartes à destination de l'étranger entre le 01/02/1942 et le 31/01/1946, date à laquelle le tarif passe à 6F.

Ce tarif regorge de rareté, quand il concerne les timbres seuls sur lettre :
- 2F40 Pétain : cote 120 euros chez Dallay
- 2F40 Marianne d'Alger : cote 750 ;
- 2F40 Iris : cote 165 ;
- 2F40 Arc de Triomphe de 1944 : 450 ;
- 2F40 Marianne de Dulac : 325 ;
- 2F40 Marianne de Gandon : 475 ;

A l'époque, le tarif carte postale pour l'étranger, principalement utilisé par les touristes de en vacances en France, est pour le moins assez rarement utilisé. Certaines cotes seraient même très basses au vu du nombre réduit à très réduit (un seul exemplaire parfois !) de certaines cartes postales !

On n'est pas du tout au même niveau de rareté ici, surtout qu'il ne s'agit pas d'un seul sur lettre, mais d'une combinaison.

Je fais partie des philatélistes qui considèrent qu'un timbre est un timbre, qu'il soit mobile ou imprimé directement sur un support.

C'est le catalogue Marianne qui m'a introduit à cette notion. Je ne dirais jamais assez à quel point ce catalogue est indispensable, qu'il constitue une introduction indispensable (je me répète) à la collection des timbres de France. Certes, ça fait 20 ans et plus que sa dernière édition encyclopédique - l'édition simplifiée n'offre que peu d'intérêt - est sortie, mais on le trouve encore régulièrement entre 10 ou 20 euros. Le catalogue Dallay (futur catalogue Maury, vous l'avez lu ici avant beaucoup de monde...) reprend en partie le flambeau, mais il en fait souvent trop, et la précision du catalogue Marianne est inégalée. Je regrette que la tentative par Timbres Magazine de sortir à nouveau ce catalogue se soit soldée par un échec (il y a une version limitée à 1849/1900), tout en espérant que ce ne soit pas la fin...

Revenons au sujet principal : un entier postal mixte avec le timbre mobile qui figure imprimé sur cet entier : le cas, il faut qu'un tarif corresponde, ne doit pas être si courant, et cela produit à mon avis un fort joli document ! A rechercher sur d'autres entiers !

11 mai 2008

Etiquettes sur timbres !

J'ai complètement raté une des particularités du carnet "invitation/merci" sorti l'année dernière : les divers autocollants fournis permettaient non seulement de personnaliser son enveloppe, mais également de personnaliser le timbre ! Je m'en suis rendu compte avec le PAP "invitation" de la Fête du Timbre Droopy, à voir sur le blog "les news du Pho" : ce PAP reprend un des cinq timbres du carnet avec une "étiquette" imprimée "invitation".

J'ai fait quelques essais (dont voici un exemple auto-adressé), le résultat n'est guère convainquant, les pourtant petites vignettes prenant trop de place sur le timbre.

Il y a fort à parier que cette possibilité aura peu été utilisée, elle est à rechercher sur lettre en particulier quand l'oblitération porte sur l'étiquette.